Entretien

L’interview (par Jésus Manuel Vargas)

Voici quelques semaines que le fabuleux blog « Les Chroniques d’un Pas Grand-Chose » est offert à nos yeux de lecteurs curieux et intrigués. Férocement sous-titré « Souvenirs d’un hard rocker en colère », ce lieu virtuel a pour ambition de réunir, présenter, compiler les aventures du dit « Canard ».
L’année dernière Heavy Rem, dont on connait déjà l’excellent et indispensable site Inoxydable, me propose avec un rictus presque inquiétant de jeter un œil sur ce qui semble être un recueil de textes intitulé pour le coup : Chroniques d’un Canard ordinaire ; Saison 1 : Sur le fil du rasoir.

«  — C’est qui ce Canard ?
— Un pote, il écrit.
— Il écrit quoi ?
— Lis, tu verras, ça va te plaire. »

Ça m’a plu. Sans aucun doute. Pour plusieurs raisons qu’on pourra deviner dans l’entretien qui suit. Je ne saurai faire ici une meilleure présentation du projet que celle rédigée par le même Rem sur le blog de Canard quand il décrit les aventures de ce jeune hard rocker affamé de musique comme narration « d’une passion dévorante, exclusive et exigeante ».
Cependant, qu’est-ce qui a pu me séduire dans cette œuvre, moi qui ne suis pas spécialement fan de hard-rock et que mes petits camarades armés de la « main du diable » destinent à des souffrances sans fin sur l’échafaud de la honte parce que j’écoute Jean-Louis Murat, Coldplay et U2 ? Qu’est-ce qui pourra te séduire, toi, lecteur assidu de Télérama et champion du « il faut de tout pour faire un monde et le goût des autres est respectable et gnagnagna » dans ces fables extrêmes qui ne souffrent aucune objectivité ?
Tout d’abord, la jeunesse par laquelle nous sommes tous passé. Territoire des possibles, de la fureur de vivre, du conflit salutaire et de la révolte dans lequel se réfugient les souvenirs qui font les adultes que nous sommes.

Ensuite, le charme des excès et des colères qui, quand ils sont les symptômes d’une intelligence (j’entends par là une sensibilité au Monde) et les corolaires d’une exigence sans concession, rendent les personnages attachants.

Enfin, la tendresse et la sympathie que j’éprouve toujours pour le « Seul contre tous ». Qui parmi vous oserait me dire qu’il n’aime pas Don Quichotte et qu’il n’est pas sensible au combat d’Antigone ?

Ainsi donc, il n’y a rien à redire. Tout est dans ce blog auquel je vous renvoie tant il est complet. Toutes les informations sont là. Tant et si bien qu’on peut passer à d’autres questions, celles dont les réponses ne se trouvent pas encore sur le Web…

Entretien

Salutations, cher Canard. Je peux t’appeler Canard ? Au fait ça vient d’où ce pseudo ?

Tout d’abord, merci pour ta présentation… très flatteuse. Je suis touché. D’autant que j’ai lu attentivement et aimé ton roman « Avec une dernière dose d’enthousiasme ». Je l’ai dévoré littéralement et certaines parties sont encore gravées dans ma mémoire (notamment les chapitres « l’autoroute » et « l’accident »). En ce sens, cet échange avec toi m’honore.

Alors l’histoire du pseudo… Bah ça ne nous rajeunit pas. Ça remonte à l’époque de la pub « Canard WC » avec le fameux palmipède grimé façon Star Wars qui tue des microbes sur une sorte de AT&T. Ça faisait un pseudo sympa pour les jeux vidéo. Je l’ai gardé avec l’arrivée du Net, sans trop y réfléchir.

On est d’accord sur le fait que les anecdotes sont véritables ? C’est ce que Serge Doubrovsky définit comme « Autofiction » ?

Un journaliste avait posé cette question à Bukowski. Il se demandait à quel point ses nouvelles les plus épouvantables étaient inspirés ou non de faits réels. Bukowski avait répondu : « 30% », puis d’ajouter « je minore ou j’exagère la réalité dans cette limite pour rendre mes histoires plus intéressantes qu’elles ne sont ». Inconsciemment, je m’applique cette règle. Toutes mes histoires ont une base réelle. Parfois, j’enlève des passages gênants ou je croise plusieurs histoires pour n’en faire qu’une. Pour te donner une idée, des nouvelles comme « Pique Sells » ou « Fade to Black » font partie de celles qui collent le plus à la réalité. Mais pour répondre à ta question, il n’y a rien « d’inventé » dans ce que je raconte. De toute façon, si je veux garder une certaine « viscéralité » dans ma plume, je suis obligé de coller à la réalité, à un certain vécu. J’aménage donc, mais je n’invente rien.

Il m’est arrivé d’écrire de l’autofiction, mais j’ai toujours préféré ne pas donner mon nom ou mon pseudo au personnage du récit. Une façon de ne pas laisser ma silhouette s’interposer entre le texte et le lecteur. Le narrateur et protagoniste des Chroniques s’appelle Canard. Comment gère-t-on la possible et probable confusion entre le personnage et l’écrivain ? C’est un personnage ou un avatar ?

Avec « Pas Grand-chose », je ne me considère pas comme un écrivain. Commençons par là. Mes nouvelles sont à la base un prolongement « plus littéraire » de mes centaines de chroniques d’album sur « Nightfall », une sorte de relecture que je trouve intéressante. Ensuite, le « nom » ou le pseudo a de mon point de vue importe peu quand on écrit à la première personne. C’est mon personnage que je mets en scène, une grande partie de moi. Mais pas complètement. Le « vrai » Canard est parfois plus amoché, plus con, moins marrant ou moins malin. Tout dépend des histoires.

Quand tu relis ces épisodes, quelle distance perçois-tu entre Canard et Toi ? Quel recul prends-tu ?

Il y a des réalités assez tristes et déprimantes derrière tout cela. Quand j’écris une « histoire », j’essaie toujours de me mettre à la place du lecteur. Je veux qu’il ait envie de lire la suite, qu’il passe un « bon moment », que ça le fasse sourire, que ça le révolte. Alors je cache certaines choses, j’arrange les détails. Je concède, retire, révise. C’est une sorte de cuisine en fait. D’où une certaine distanciation naturelle, effectivement.

Toujours sur l’autobiographie… La pulsion d’écriture vient d’où ? Quel besoin de l’écrire puisqu’on l’a déjà vécu ?

Pour mes chroniques d’un Pas Grand-chose, la pulsion reste le plaisir. Je prends du plaisir à raconter mes petites histoires. Tout simplement. J’aime écrire des dialogues par exemple… et j’aime plus que tout « mettre en scène » mes anecdotes pour leur donner un rendu presque « bédé » ou cinématographique. J’essaie de rester toujours très « visuel ». Il y a forcément quelque chose d’égotique dans l’autobiographie. Pas vraiment dans Pas Grand-chose, que je vois plutôt comme une forme de partage. Et « un règlement de comptes » avec le passé.

Aujourd’hui j’ai des inquiétudes de junkie : quand je n’ai presque plus de cigarettes, en bon gros fumeur, je commence à m’inquiéter. Je regrette le temps ou ma préoccupation principale, source d’affolements et de panique était d’avoir des piles de rechange pour mon walkman K7. Le chemin des piles aux cigarettes c’est un peu ma nostalgie à moi. Quand je lis certains de tes textes, je suis pris de nostalgie. C’est sans doute générationnel. Écrire sur le passé, c’est de la nostalgie ? Quel rapport entretiens-tu avec ce sentiment ?

La nostalgie implique des regrets. Que je n’ai pas vraiment. J’ai détesté par exemples manquer de thunes pour acheter des cédés, j’ai détesté devoir batailler avec mes vieux pour écouter mes groupes et j’ai détesté encore devoir écouter en boucle les mêmes albums faute de mieux. En ce sens, la haine est souvent moteur dans mes textes, car elle m’a permis de me construire, de m’affirmer. Pour revenir à la question, je suis assez envieux de la génération actuelle qui peut ainsi TOUT écouter, a accès à tout, peut trouver l’information partout. Il est certain que le Canard de la fin des années 80 n’aurait pas été le même si Internet avait existé à son époque. D’un autre côté, je ne suis pas certain que la jeune génération ressente la magie que les cédés et l’imagerie d’un groupe comme Iron Maiden (au hasard) pouvait drainer à la même époque. On a tous tendance à penser que « c’était mieux avant » parce qu’on enjolive le passé, on gomme les détails fâcheux et lisse certaines aspérités. La sagesse populaire dit aussi qu’ « à chaque âge, ses plaisirs », je ne suis pas loin de penser que cet adage s’applique aussi aux générations.

Il reste quoi après le rock et la jeunesse ?

Le Classique et la vieillesse, j’ai bon ?

En « vieillissant », ma musique qui était un des moteurs est devenue davantage une « habitude ». J’y reste attaché presque par principe, comme certaines traditions inscrites dans nos gênes. Si ancrée que je suis à peu près certain que j’en écouterais toute ma vie et que je resterais dans les parages du Metal, en amont ou en aval (Punk, Alternatif, Classic Rock etc.). Sinon le Classique arrive à me « transporter ». La lame aiguisée des siècles est passée par là. J’en écoute régulièrement, avec respect et beaucoup d’humilité.

On dit usuellement qu’un écrivain vaut par son style et qu’un auteur existe par la somme de ses obsessions. J’aime ton style radical, les insertions de dialogues très crus et limpides, ainsi que l’oralité de la langue. Et pour le reste : la musique pour Canard c’est une passion ou une obsession ?

La notion de passion renvoie au désir, à la « souffrance d’aimer » littéralement. L’obsession est davantage pathologique, c’est quelque chose qui revient, qu’on ne peut chasser. Mon rapport à la musique était « obsessionnel », simplement parce qu’elle a été un moyen de m’évader, un besoin et une échappatoire. Tout comme les livres. J’entretiens à ce titre des relations complexes et denses avec la musique et la littérature. A ce jour, l’obsession a laissé la place à une passion solide et grisonnante, je dirais.

Le moins qu’on puisse dire c’est que la passion du Canard ne lui facilite pas la vie en société. Je ne peux pas citer ici tous les textes lus et qui ne sont pas encore publiés, mais à plusieurs reprises sa passion passe avant les gens ou plus précisément l’aide à faire des choix relationnels définitifs. (Ecouter un Megadeth tranquille dans son coin c’est mieux que de perdre son temps avec une fan de Nirvana ou de Rage against the machine…) « Dis-moi ce que tu écoutes, je te dirai qui tu es. » C’est un peu excessif, non ?

Tout dépend du niveau où on place le débat.

La plupart des gens ne sont pas ce qu’ils aiment, mais ont plutôt tendance à être ce qu’ils possèdent. Notre société de consommation nous incite à nous définir en ce sens, en fonction de notre voiture, de notre fiche de paie, de la superficie dans laquelle nous vivons etc. Paraître est devenu plus important qu’être. Or, je suis ce que j’aime. Je place le débat là. Par rapport à tes allusions, je dirais sobrement que les gens peuvent vous trahir, vous abandonner etc. La musique, beaucoup moins. Elle sera toujours là, prendra le sens, l’épaisseur, la place qu’on veut bien lui concéder. Et bien souvent, elle vous le rend en conséquence.

Adolescent, c’est mieux les filles ou la musique ?

La musique, sans l’ombre d’une hésitation. Plus fiable, plus présente, plus disponible. Adolescent, les filles m’ont toujours ennuyé. Fascinantes, mais incompréhensibles. Dans une de mes nouvelles à venir (« Mentor, mentor »), j’aborde ce point. Et entre une après-midi avec une nénette et un Live d’AC/DC, mon choix est vite fait…

Moins jeune ce n’est pas plus facile pour autant : « Comment assurer une présentation en Conseil d’Administration avec un T-Shirt de SLAYER » De telles passions sont-elles compatibles avec la vie d’adulte ?

Je ne pense pas. Ma petite expérience sur le sujet me fait dire qu’à partir d’un certain âge, ce n’est plus « raisonnable ». La société, votre employeur, vos amis, votre famille etc. tout ce petit monde-là attend fondamentalement autre chose de vous. Quelque chose qui n’implique pas de quitter votre boulot pour aller à un concert, qui vous ordonne de ne pas écouter Metallica au taf, vous impose une façon de parler, de vous habiller. Ce dilemme entre le paraître social et l’être est un sujet que je trouve intéressant à plus d’un titre et qui mériterait sans doute une nouvelle un peu plus corsé et plus abouti que le papier auquel tu fais référence.

Un de mes leitmotivs préférés reste celui du Canard en classe de neige. Il s’évertue à faire découvrir Fade to Black de Metallica à plusieurs interlocuteurs. Parfois déçu de l’accueil fait à ce titre lors de la première écoute, il ne baisse pas les bras et invite : «On va réécouter le morceau… » C’est probablement un des moments les plus touchants pour moi. L’enthousiasme teinté de désespoir avec lequel le personnage cherche à convaincre et trouver l’adhésion d’autrui pourrait laisser penser que c’est le seul moyen de sortir de sa solitude. Or dans cette modalité du dialogue comment différencier le Partage et le Prosélytisme ?

Ni vraiment l’un, ni vraiment l’autre. Une partie de moi a toujours voulu « convaincre » ou démontrer certaines choses à l’autre (casser les idées reçues), mais sans pour autant vouloir que cette même personne adhère. J’ai toujours aimé l’idée que ma musique rebute, qu’elle crée un fossé. Mais j’aime encore plus l’idée que « l’autre » comprenne pourquoi je me tiens de l’autre côté de la rive. A contrario, j’ai souvent eu du mal à partager mes groupes avec n’importe qui. Mon prof de philo en Terminale avait ouvert son cours en disant en substance la chose suivante : « Cette année, nous allons étudier des textes et des philosophes brillants. Je vais vous aider à aimer la philosophie. Mais sachez que les meilleurs textes et les meilleurs penseurs, ce n’est pas ici que vous les lirez, j’y veillerais personnellement. Car j’ai bien trop peur que vous me les abimiez en jetant vos yeux dessus ». Je veux que les falses comprennent leur erreur, mais pas qu’ils la comblent. Métaphoriquement, je leur pisse dessus depuis mon côté de la rive.

Le blog a pour nom « Les chroniques d’un pas grand-chose » en référence à Charles Bukowski et la première mouture de tes écrits s’intitulait « Chroniques d’un Canard ordinaire », clin d’œil à Desproges. Quelles influences ont eu ces deux-là sur ton écriture ?

Je suis fan des deux, entre autres. Parler d’influence pour une chose aussi futile que Pas Grand-chose en citant ces deux « mastodontes » me gênent. J’aime justement l’idée d’un « pas grand-chose » en évoquant ma prose. Ça reste des anecdotes mises en forme. Au mieux, on parlera de petites nouvelles.

J’ai toujours admiré la férocité de Desproges, notamment dans ses chroniques « de la haine ordinaire ». C’était aussi l’un des plus grands comiques de tous les temps. Ce mélange d’agressivité et d’humour m’a beaucoup marqué (tout comme la distanciation cynique d’un Jerry Seinfeld). Bukowski me plait pour d’autres raisons. Principalement pour la violence de sa prose. Certains de ses textes font l’effet d’uppercuts. Ses poèmes (méconnus) en sont les exemples les plus « frappants » (pour rester dans la métaphore). Chaque mot est tranchant comme une lame de rasoir, le résultat vous laisse groggy et votre vision du monde s’en trouve altérée.

En effet, je pensais initialement intituler mon blog « Les Chroniques du Canard ordinaire ». La référence à Desproges me plaisait, mais ma prose est finalement assez éloignée de ce qu’il faisait. Je raconte plus des histoires, le résultat s’apparente plus à des nouvelles qu’à ses diatribes. En ce sens, la référence à Bukowski m’a paru plus pertinente et le jeu de mot entre « Chroniques d’un Pas Grand-Chose » et ses « Souvenir d’un pas grand-chose » me permet de distiller une certaine modestie à mon blog.

Je dois vous féliciter, toi et Rémi, pour la mise en forme du Blog que je trouve particulièrement lisible et élégant. Tu peux nous expliquer sa genèse ?

Faut surtout féliciter Rémi (Heavy Rem dans les milieux autorisés) qui m’a aidé à accoucher du blog. Sans lui, je n’aurais rien fait. Il a d’ailleurs cru davantage en mes nouvelles, que moi-même. Il a de ce fait cherché à donner une base « sérieuse », une certaine sobriété au blog.

Pour la genèse, je dirais qu’au commencement, il y avait Nightfall. Je cherchais à m’écarter un peu du carcan de la chronique d’album. Ça m’a amusé de raconter quelques anecdotes, de noircir quelques pages et de fiévreusement attendre les réactions de mes quelques lecteurs privilégiés. Rapidement, j’ai convaincu le site en question de me donner un petit encart pour publier mes écrits. Puis, techniquement il a été plus simple de faire un blog « à part » avec lien direct vers Nightfall et vice versa. C’est ainsi que le Blog est né.

Pourquoi un blog et pas un livre ?

Parce que « Pas Grand-chose » ne me semble pas suffisant pour faire un « vrai » bouquin.

On a sans doute d’autres aventures de Canard à découvrir. Mais après Les « Chroniques d’un pas Grand-Chose », il y a d’autres projets ? De nouvelles formes d’écritures ? De nouvelles fictions ?

Dans le cadre de Pas Grand-chose, j’ai en projet une petite trentaine d’histoires. A ce jour, j’en ai écrit la moitié. Je sous-diviserais tout cela en trois ou quatre recueils. Tout sera publié au fur et à mesure sur le site. De fait, ce blog est à durée déterminée. Quand j’aurai fait le tour de mes histoires, je passerai à autre chose.

Et après, c’est un peu le grand flou.

J’aimerais écrire des nouvelles plus « sérieuses » sur des thèmes qui n’ont rien à voir avec la musique. Des nouvelles que je ne signerais pas Canard, si tu vois ce que je veux dire. D’un point de vue général, j’ai un fonctionnement de « diesel ». J’ai besoin de « tourner un peu » pour être chaud. Je fonctionne par étapes et j’aime bien finir ce que j’ai commencé. « Pas Grand-chose » n’y échappe pas, tu verras. Je vais augmenter progressivement le niveau et la cadence. Donc, d’abord « Pas Grand-chose ». Puis, peut-être des nouvelles sérieuses. Roman ou fiction aussi, pourquoi pas, je ne sais pas encore, c’est loin. Certains sujets m’excitent, mais mes envies sont encore imprécises. Et de toute façon, je suis dans « Pas Grand-chose » pour l’instant.

C’est quand qu’on boit une bière ensemble ?

Dès que matériellement, c’est possible. Mais pas de l’Adelscott, je te préviens ;)

L’intervieweur (par le Canard)

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Dire que j’ai dévoré en quelques heures « Avec une dernière dose d’enthousiasme » serait une fausse indication de l’intérêt que j’ai porté au roman de Monsieur Jésus, vu que celui-ci pèse 80 pages tout mouillé (espacé gros avec un bon interligne) ce qui ne l’empêche pas de filer tout droit façon tracé d’autoroute. « Autoroute », parlons-en. Il s’agit avec « l’accident » des meilleurs chapitres du roman, les témoins d’un talent littéraire certain. Bluffant un en mot. Deux chapitres qui « font la différence », foutus en plein milieu comme pour récompenser ceux qui auront persévéré. Deux chapitres que seul le talent permet de pondre en travers de la route, entre des considérations qui laisseront sans doute certains au bord de la route. Mais deux chapitres pour ma part qui m’ont permis de raccrocher les wagons et de suivre l’ami Jésus au bout de son voyage au pays de la perte de contrôle, des regards cyniques, de l’entourage subitement étranger. A la dérive. La bonne distance pour pourfendre la médiocrité, accuser ceux qui renoncent. Et forcément on quitte « Avec une dernière dose d’enthousiasme » en se sentant indiciblement coupable.

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