Au commencement…

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« Au commencement »

 

Partie 1 : Final Beginning

Au commencement, il y a cette épaisse moquette verte et aux quatre coins du salon des enceintes plus grandes que moi. Quand elle ouvre le buffet, la chaîne hi-fi apparaît alors, une Technics, avec un égaliseur, un lecteur de cassette et, au milieu, comme un grand visage rond tout écrasé, la platine disque. Chaque fois qu’elle met un disque, on entend un tonnerre grondant au loin suivi d’un vent de poussière qui souffle à travers les enceintes. Alors la musique arrive enfin, ses vibrations, ses mélodies. Parfois les guitares. Et la batterie qui me soulève le cœur. J’aime sentir mon corps vibrer à l’unisson, ressentir ces pulsations. Je m’approche le plus possible des enceintes jusqu’à me coller complètement contre elles pour en apprécier sa force, lui faire face, la défier comme le vent, la sentir traverser mon corps.

« Te mets pas si près des enceintes, tu vas avoir mal aux oreilles après ! »

Quand elle ouvre le grand tiroir à disques, c’est une fête. Je peux les regarder, les manipuler pendant des heures. Il y a l’image dessus, l’odeur du vinyle, des reliefs aussi. Elle sort le disque noir d’un étui blanc en carton, faut faire attention, c’est très fragile. La musique peut courir jusque dans les enceintes grâce au diamant au bout du bitoniau. Je n’aime pas quand ça chante, surtout en français (parce qu’elle chante alors et je déteste cela sans comprendre pourquoi). Quand elle met Michel Berger, c’est un supplice. France Gall, encore pire. Elle a aussi de la musique qui ne chante pas en français mais que je n’aime pas non plus : Elton John, Stanley Clarke, Simon and Garfunkel. Puis il y a aussi la musique sans parole que je peux écouter en boucle, sans me lasser, comme Vivaldi.

La guitare est mon instrument préféré. Surtout quand il n’y a qu’elle, qu’on n’entend qu’elle. Santana par exemple. Une flamme danse au milieu du salon, quelque chose court le long des murs, se contorsionne et rebondit comme une balle en plastique. Elle ne me demande pas ce que je veux écouter, elle sait. Je classe régulièrement ses disques, de celui que j’aime le plus à celui que j’aime le moins. Alors parfois en silence, elle en prend un du bon côté de la pile et je fonce coller ma tête contre l’une des enceintes.


Le reste de la chronique est désormais disponible en version Kindle ICI (jusqu’au 31 aout 2016, PGC participe au concours des « Plumes Francophones », merci pour votre soutien)

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Les autres commentaires de Canard

43 réponses à “Au commencement…”
  1. The Great Ninja
    04.07.2015

    J’aime ce récit qui décrit le mode de pensée et la vision d’un enfant, et la distance entre ce monde et celui des adultes, personnifié par deux entités : « il » et « elle » avec lesquels il n’est pas possible de dialoguer.

    J’aime quand Canard joue de la palette des narrations.

    J’aime Cana…ah non, merde, je m’égare.

    • Canard
      04.07.2015

      Merci mon pote !

  2. MrGland
    04.07.2015

    Ah, cette guitare et ce chant incroyables de « Shine on you crazy diamond », avec les grésillements du vinyl en fond… Peut-être ma première émotion musicale, et mon n°1 dans la discothèque familiale.
    Et puis finalement le paternel, bien loin de tenter de me détourner d’un musique interdite, m’a fait découvrir Deep Purple, Scorpions, Van Halen, et même Mötörhead… Et le virus était incolulé.
    (Par contre, j’ai jamais pu encadrer AC/DC et Bon Jovi… M’enfin j’écoute Dream Theater donc il fallait bien s’attendre à des divergences musicales avec le Canard)
    Autrement, papier bien écrit, avec une conclusion qui aurait pu figurer sur un album de Manowar.

  3. J.
    04.07.2015

    Magnifique. C’est magnifique… J’ai l’impression de lire un bout de ma vie. Moi c’était In The Army Now de Status Quo qui m’a retourné la tête dans le Top 50. :)

    Sinon l’évolution du style d’écriture tout au long du papier ça flingue.. Tu écris carrément bien mec.

    • Canard
      04.07.2015

      Bah merci beaucoup pour ce premier commentaire ;)

  4. H.K.
    04.07.2015

    Salut Canard,

    Premier commentaire pour ma part et pourtant Satan sait que je te suis depuis un moment (d’abord sur NIME puis ici depuis le début).
    C’est bientôt le fin donc j’en profite pour te féliciter et te remercier pour tous tes papiers, tu as une superbe plume. Mention spéciale pour celui-ci qui m’a presque mis la larmichette à l’œil. ;-)

    Keep ze fesses !

    • Canard
      04.07.2015

      Et un autre lecteur qui sort du bois…
      Je vous dis, j’en aurais d’autres qui se réveilleront pour le prochain et dernier papier…
      Merci sinon et chie deux fesses tout pareil ;)

  5. JFK
    04.07.2015

    Lecteur depuis le début de ce blog (il m’arrivait même de faire une recherche par chroniqueur sur NIME pour relire quelques unes de tes chros et découvrir quelques groupes – rien que pour Bad Religion ça valait le coup), je sors de ma forêt aussi pour te dire que c’est toujours bien (voire de mieux en mieux) écrit, avec un équilibre entre nostalgie, passion et humour dans lequel je me retrouve presque parfaitement (The great gig in the sky entendu par hasard à la radio m’a fait chercher pendant des semaines quel groupe avait pu créer ÇA!)

    Alors voilà, je voulais juste te remercier pour ces petits morceaux virils de récits qui permettent de se changer les idées régulièrement depuis quelques années (déjà!).

    Au plaisir!

    • Canard
      04.07.2015

      Et un deuxième… Cool. Et merci.
      J’ai lu et répondu à ton commentaire en lancant « Generator » pour l’occasion. Parce que ça faisait longtemps et parce que rien que de lire « BAD RELIGION » m’a donné une furieuse envie de réécouter cet album parfait.

  6. Tonton RG (Beurk Rogers Bla bla bla...)
    04.07.2015

    Chie 2 fesses!!! Je suis mort de rire…
    Plus serieusement j’adore comme tu imagines car je visualise très bien la scène avec ta mère et ton père qui lit son mag.

    Sinon le mec tout maquillé comme une gonzesse c’était pas jump de van halen par hasard?

    • Canard
      04.07.2015

      Perdu !
      C’était « Final Countdown » d’EUROPE…

      • Tonton RG (Beurk Rogers Bla bla bla...)
        04.08.2015

        Ah ben oui, je suis con!!! Et puis à part Lee Roth qui ressemble à une gonzesse, le reste du groupe faisait pas vraiment FMiné!!!

      • Schtroumpf Grognon
        04.26.2015

        Je reste sur le cul, j’étais déjà ému en lisant le texte, et là d’un coup « Final Countdown » et la citation de « In The Army Now » dans les commentaires, j’ai les larmes putain, gamin j’étais à fond sur les deux morceaux. Les cassettes audio, la recherche sur les ondes, putain, c’est toute mon adolescence résumée en quelques bouts de mots merveilleusement liés. Merci pour cette beauté de texte qui me rassure sur le fait que je vive dans le même monde que quelqu’un d’autre. Je passe au second.

        • rem
          04.27.2015

          Bonjour, ici le bureau du Canard, non il est pas là, il est en wacance. Vous avez une commentaire ? Ok je vous passe Heavy REM son mentor, il va vous répondre :
          Faut vous calmer, avec des commentaires de ce genre l’autre palmipède va se prendre pour un écrivain alors que ça fait 2 ans que j’essaye de lui expliquer la différence entre futur et conditionnel.
          Celà dit merci à toi Schtroumpf Grognon, d’être en phase à ce point avec PGC et son proprio. Il te bisoute tout plein pour ton gentil message. C’est la fin des haricots alors on se fait tous des bisous. Moi aussi je vous embrasse bande de canaillous, et j’écraserai (sans S c’est un futur putain) une larme sur toute cette histoire dans l’intimité de mon boudoir.

  7. Pilgrimwen
    04.07.2015

    Dans mon cas, le gros déclic fut « Welcome To The Jungle », entendu dans le jeu vidéo GTA San Andreas :) Tiens, pour le plaisir :) https://www.youtube.com/watch?v=o1tj2zJ2Wvg

  8. pere_fougasse
    04.07.2015

    Tu parlais dans le dernier edito de l’écriture plus « proustienne » de Ninja mais ici t’y vas fort en la matière ! Ah ces heures perdues passées à guetter devant la radio le bon moment pour laisser partir la touche « pause » pendant que « rec » était enfoncé, tout ça pour enregistrer/effacer un nombre astronomique de daube à la fin pour toujours recaler la cassette au même endroit. Et quand on se loupait et qu’on enregistrait par-dessus les trucs qu’on voulait garder… Et aussi ces chansons coups de cœur qui nous frappent au hasard sans qu’on puisse savoir le titre ou l’artiste.

    Et plus proustien que le premier coup de cœur « Rock », c’est dur. J’ai irrésistiblement le goût en bouche de la doublette de fin d’une des compilations des stations services Shell que mon père me ramenait tous les deux ou trois pleins (avant les BD Achille Talon et Gay Luron). Un tas de standards américain (Cindy Lauper, décidément .., ou autres Lovin ‘ Spoonful, Billy Paul, JJ Cale &co) mais qui avait le grand bon goût de se terminer par Ram Jam et Blue Oyster Cult. À 8 ou 9 ans, les deux solos de Ram Jam et Don’t Fear The Reaper m’avaient vraiment chamboulé, matraquant à l’infini les pistes 14 et 15 de ce CD à la con.

    Par contre le côté Mr Mackey « le hard rock c’est mal m’voyez » de ta mère est troublant. Surtout qu’en réécoutant Bon Jovi pour l’occasion, c’est vraiment pas éloigné des titres rock 80s de JJ Goldman avec la guitare qui ressort à peine pour le solo. Même pour ACDC et Scorpions, j’ai toujours eu l’impression que c’était des groupes pas très corrosifs qui faisaient l’unanimité chez la génération de nos parents, même s’ils n’en connaissaient finalement pas grand-chose. Ou alors ta mère a eu un traumatisme d’avoir vu Ian Gillan déchiré en train de gerber sur ses pieds ou ton oncle boire du scotch au goulot en T-Shirt Motorhead .

    Putain plus qu’une dernière histoire… après ça, il ne restera plus que le bêtisier, la compile des scènes coupées et la vente des droits de la cinquième saison à Disney. On parle déjà de Mark Hamill en guest. Puis on se souviendra que PGC, c’était mieux avant…

    • Canard
      04.08.2015

      Pour répondre simplement, disons que Hard Rock = pas bien, c’était plus une posture chez mes parents qu’autre chose. Puis vu mon tempérament petit, ils pensaient sans doute que ce n’était pas une bonne musique pour moi. Un mélange de deux érigé en principe au fil des années.

      Pour le reste, je prendrais pas le style « proustien » comme un compliment ah ah. Mais c’est peut être un compliment pour toi.

      Et oui, plus qu’une histoire. « At last but not at least » comme disait mon prof d’anglais débile. Faut bien une fin à tout, pas vrai.

      • The Great Ninja
        04.08.2015

        Je savais bien que pour tout bon « célinien » qualifier un style de « proustien » est une vanne à peine masquée. Enfoiré de Canard !

        • Canard
          04.08.2015

          Disons que je le trouve alambiqué Marcel. Alors que Céline… bon voilà quoi, c’est un seigneur. Maintenant faire de telles comparaisons m’honorent dans tous les cas (je vais pas faire mon bégueule non plus).

          • pere_fougasse
            04.08.2015

            Ayant une culture littéraire délimitant la frontière du néant, je cherchais dans ton allusion à un « style proustien » du côté du fond, comme une tendance à appuyer encore plus les côtés nostalgiques en les connotant d’une pointe de regret.
            Du coup ça n’avait rien à voir avec ce que tu voulais dire et forcément ça ne me paraissait pas évident… je ne me permettrai pas d’essayer de qualifier techniquement les structures ou rythmes d’un texte sans en avoir les références !
            Vu que personne ne voudra la faire, je me dévoue pour clamer que mon style est plutôt proutien.

          • Canard
            04.08.2015

            Ah ah.
            « Marcel Prout ça pue je trouve » : vanne éculée qui fonctionne toujours.
            Sinon pas de souci, bien entendu. Dans l’absolu, je m’en fous. On n’a la plume qu’on a et on voit le talent là où on veut bien le voir.

  9. Rikkit
    04.07.2015

    Trop bien ce genre de papier qui jouent sur la nostalgie et la puissance évoquatrice du Hard Rock, et du Rock de manière generale. C’est ceux que je préfère.

    Super touchant.

    Je trouve tes parents tout de même super coinços.

    • Canard
      04.08.2015

      Evidemment, ils l’étaient et le sont encore. Mais d’un certain côté, ils m’ont rendu « plus fort ».

  10. 04.07.2015

    Mon préféré. Le texte le plus beau. Sur le plan de l’esthétique et de l’harmonie.Le plus beau de la flamme qui te dévore intérieurement c’est mon année jazz je pense.
    Là tout va bien ensemble, ça colle à l’enfance, cette époque où l’on est encore persuadé que tout s’emboite parfaitement. J’ai remis le morceau deux fois, il est exactement dans cette mouvance.
    Et tes parents écoutent de la bonne musique, tu as eu de la chance d’avoir cette éducation (je ne fais pas la morale). Par contre j’ai du mal à saisir qu’on puisse adhérer à pink floyd et rejetter le hard rock comme quelque chose de mal.
    Merci :)

    • Canard
      04.08.2015

      Merci pour le compliment.
      Pour contextualiser un peu, à cette époque – au milieu des années 80 dirons nous – le Hard Rock avait mauvaise presse, était perçu comme un danger pour les jeunes. Avec trente ans de recul, on sait maintenant que l’enfer d’AC/DC est inoffensif et qu’Ozzy est plus con que possédé par Satan etc. Mais à l’époque, toute cette horde de groupes de sauvages n’avaient pas le même impact que maintenant.

  11. oliv51
    04.07.2015

    Fût un temps, j’écoutais également Bon Jovi…. Et je vais t’avouer une bonne chose maintenant que tes chroniques touchent à leur fin : jusqu’ici j’écoutais quasiment jamais la chanson en écoute. Non pas que tes sélections fussent mauvaises ( il manquerait plus que ça ! ) mais je partais du principe qu’une seule chanson ne couvrait pas l’intégralité de la lecture, alors je mettais un album de mon cru (tout en restant dans le thème du papier, ou du moins ce que son titre m’inspirait avant de m’y mettre ). Et puis là, une fois n’est pas coutume, j’ai mis ‘lecture’ et j’ai été agréablement surpris d’entendre cette excellente intro à la basse ! Oui, ‘ Chie deux fesses ‘ reste ma chanson préféré de Jovi…belle intro à la basse, rythme bien groovy et syncopé, LE solo de Richie, et un refrain comme seuls les américains savaient le faire…. il n’y pas à tergiverser trois heures : y a une bonne vingtaine d’années, Bon Jovi savait écrire des chansons superbes. Résultat des courses, j’ai mis trois ‘ Chie deux fesses ‘ et demi pour lire ton papier. Et comme ça faisait une éternité que j’en avais pas écouté, tout a démarré sous les meilleurs auspices.

    Ca m’a replongé derechef dans mes jeunes souvenirs, comme tant d’autres : je me revois piquer la cassette de Razor’s Edge que mon frère venait d’acheter et dont il n’a jamais plus revu la couleur ( mon premier émoi hard rock ).
    Et c’est là où tu es le plus fort : créer une sorte de mémoire collégiale avec tes lecteurs. Le style est très bon, le point de vue et le raisonnement ‘enfantin’ amènent de bons mots, la narration est de plus en plus fluide.

    Donc hâte de lire….bah la fin…..

    Mais nous abondonne pas, car là tu serais un vrai canard sadique !

    • Canard
      04.08.2015

      Quand ce blog touchera à sa fin (donc bientôt hein) et que vous vous amuserez à relire toussa (dans l’ordre ou pas), vous devriez arriver à la conclusion que PGC constitue un « tout », que (presque) chaque histoire apporte sa petite pierre à l’édifice, ajoute une nuance ou donne une info supplémentaire. Si je devais continuer à écrire pour PGC, je ne ferais que redire la même chose, radoter (en moins bien sans doute) ou ajouter des histoires sans grand intérêt. Et j’ai toujours préféré l’efficacité, la concision aux circonvolutions et aux redites. Puis en voulant prolonger le plaisir, je pense que j’aurais fini par atténuer « la force » du blog.
      Mais sinon merci pour ton commentaire.
      C’est parfois dommage que t’aies pas écouté mes histoires avec la bonne musique par contre. Mes bandes-son contribuent souvent au jeu de piste ou apporte un regain de quelque chose au papier.

  12. Redsatch
    04.08.2015

    Excellente chronique. Merci pour ce retour dans ton passé qui m’a moi aussi ramené de nombreuses années en arrière avec une certaine nostalgie… ce qui est marrant, c’est que les groupes sont les mêmes (pas les albums par contre! je dois avoir plus de rides que toi)… je te suis depuis la première chronique de PGC et je trouve que ce papier est un de tes meilleurs

    • Canard
      04.08.2015

      Merci pour ton commentaire.
      Meilleur papier, faut voir, ça dépend des sensibilités de chacun.
      A titre perso, j’en suis « content » parce que pas si évident que ça à réaliser (garder le ton enfantin, maintenir un côté plombé tout en restant assez écrit). C’est une sorte de dosage, d’équilibre pas facile à trouver en fait (mais je trouve que « Franz » est à ce titre plus réussi encore selon moi).

  13. Ryko
    04.08.2015

    Finir (enfin presque) par le commencement, c’est pas vilain et ça apporte une nouvelle lumière.

    C’est bien pensé parce qu’en re-réfléchissant à toutes les fois où on te trouvait buté ou intransigeant dans la musique on comprend mieux le pourquoi. Grâce au « comment » tu es tombé dedans. Comme si tu avais vu la lumière au bout d’un tunnel. Et qu’une fois aperçue il est impossible de ne plus la regarder.

    Je crois qu’effectivement tu avais très bien construit tout l’enchevêtrement de tes chroniques, chapeau !

    • Canard
      04.08.2015

      Eh ouais. Ca m’a d’ailleurs amusé lors des premières saisons de voir certains lecteurs réagir parfois vivement. Si j’avais commencé par le début, forcément l’analyse qu’on peut faire d’un « Here Comes the Pain » par exemple aurait été très différente.

  14. steph
    04.08.2015

    Hello Canard,

    Je me reconnais également dans cette découverte musicale. Avant j’entendais la musique, mais quand ma mère m’a ramené un disque de Scorpions de la médiathèque, j’ai su.
    J’ai su comme toi que c’était le hard et rien d’autre qui me faisait vibrer. J’ai eu la chance d’avoir des parents très ouverts musicalement (ma mère m’a même accompagné à mon premier concert, de Scorpions, étant fan elle aussi)
    Même si aujourd’hui j’ai beaucoup élargi mon horizon musical, la metal au sens large est toujours ce qui me fait le plus vibrer, 25 ans après sa découverte…

    … et penser qu’à une époque Skyrock passait du rock nom de nom ! (AC/DC, Def Leppard, Nirvana…)

  15. Skyzosheep
    04.08.2015

    Ah! J’adhère vraiment à la nouvelle! Chie Deux Fesse et Assez d’Essai m’ont fait bien marrer…

    J’en profite pour parler de ma découverte du Metal: comme je suis pas de la génération des cassettes mais celle des magasins généralistes qui vendent du Hard et d’internet, j’ai jamais vraiment connu cette histoire de pas pouvoir retrouver le nom d’un groupe.
    J’ai commencé alors que je devais avoir 7 ou 8 ans (je sais plus exactement), lorsque mon grand frère a acheté Hybrid Theory de Linkin Park (il me semble). Je l’écoutais à travers le mur (il voulait pas que je rentre dans sa chambre…) et je suis tout de suite tombé amoureux des guitares.
    En essayant de retrouver ce CD parmi la collection familiale (bien remplie de Variété Française) je suis alors tombé sur une cassette avec un visuel qui me semblait trop cool, avec inscrit dessus « Motörhead » en lettres rouges… C’était Bomber. Je n’avais alors aucun doute là-dessus: ça devait être du rock, comme le Linkin Park de mon frangin. On m’avait alors offert une vieille radio, avec lecteur de cassette (simple), alors j’avais inséré Bomber dedans en imitant les gestes de mon paternel lorsqu’il faisait de même. Et à ce moment précis, ma vie venait de changer.
    J’avais cet espace de foi qui venait de naître en moi. Je devais trouver plus de cassettes de Motörhead. Je savais pas où mon père avait bien pu ranger ses cassettes, donc je menais des opérations de fouille dans la grande armoire. Ainsi, je suis tombé sur Iron Fist, Wheels of Steel de Saxon, Nevermind de qui vous savez, et le Black Album de Metallica. Je les écoutais en boucle, en cachette aussi, persuadé qu’on m’aurait punis si on découvrait que j’avais ses albums.
    Finalement un jour, mon père est rentré dans ma chambre alors que j’écoutais Motörhead et il a été agréablement surpris, puis a sortis de je ne sais où une pelletée d’albums, du Motley Crue (Shout at the Devil), d’autres Motörhead, d’autres Metallica (peut-être bien Ride The Lightning), des cassettes de compile avec du Venom dessus (!). Je me souviens que je détestais Venom et que je sautais régulièrement les pistes de leurs morceaux…

    Et puis je suis rentré dans le Metal grâce à mon prof de guitare qui m’a fait découvrir RATM, mon frère qui écoutait en boucle Draconian Times de Paradise Lost et moi même lorsque j’ai découvert par hasard SOAD.

    Bref, je raconte ma vie, mais tout ça pour faire partager tout ce que la lecture de ce papier m’a évoqué, tout ses souvenirs qui sont ressortis. Merci, ça fait plaisir de lire des écrits de qualité. J’avais une larmichette au coin de l’oeil en te lisant, Palmipède.

  16. östralaupytech
    04.10.2015

    Retour aux affaires. Laissons l’épisode précédent où se croisent canard, tortue, fût elle ninja, et crapaud souffrant de calvitie; table rase des fables de Jean De L’à fond ten (All men play on ten).

    Mais trêve de plaisanteries zoophiles, abordons plutôt le plat du jour. Non pas les cuisses de grenouille mais les premiers émois de l’imberbe pré-pubère défloré des tympans.
    AAAACCCHHHH, mein gott ! quelle époque bénie des Dieux qui me permit de découvrir la même année, Angus Young, le sopalin et la masturbation.

    Pour ma part, un des premiers picotements du conduit auditif fût dû à ce cher Jacques Martin ( oui, oui celui de l’école des fans). En effet, celui-ci proposait chaque Dimanche matin, en alternative au « jour du seigneur » sur la Une, une émission présentant un groupe en Live. Quelle ne fût pas ma stupéfaction en découvrant ROSE TATOO et son « R’n’R outlaw » en prologue au poulet/frites du déjeuner dominicale.

    Dans la même veine, les plus anciens se remémoreront la fameuse émission pré-TOP 50 nommée STUDIO 3, qui nous balançait régulièrement du KISS, NAZARETH, AC/DC et autres gourmandises pimentées.

    Enfin, j’évoquerai les balbutiements de la bande FM et ses radios dites libres ou pirates à leurs débuts.
    C’est bien là que je m’abreuvais de décibels salvateurs et où je découvrais les ACCEPT, VENOM et autres RAVEN (pensée émue à Phil et Jo sur ZIG ZAG FM).

    Décidément Canard, ton blog alimente la nostalgie, fait resurgir des frissons mélancoliques, et surtout se lit le sourire aux lèvres. Moi aussi je trouve qu’il en émane un subtil parfum de « madeleine ».

    Dire que le générique de fin va bientôt s’afficher, pourvu que ça ne te cloue pas le bec.

    • Canard
      04.10.2015

      Excellent commentaire.
      Effectivement, la radio n’est plus ce qu’elle était pour nous les pauvres crétins de Hardos.
      Et la télé n’en parlons pas. Suffit d’un show de LORDY pour que DRUCKER fasse dans ses couches.
      Enfin bref.

  17. Rico
    04.10.2015

    putain « The Final Countdown » d’EUROPE ! 1986 j’étais scotché devant la télé en regardant pour le première fois le clip, je ne pensais pas que « ça » pouvait exister. Un basculement… ma porte d’entrée dans le métal, et la découverte de tout un monde : Bon Jovi, Aerosmith, Def Leppard d’abord, puis les groupes plus durs : Heavy, Thrash…
    Merci pour ce très beau papier, un des meilleurs.
    Pour rejoindre un commentaire précédent, tes papiers ont un réel pouvoir d’évocation, font remonter un vécu, quelque chose qui vient des tripes, et qui nous parle.
    Franchement la main de l’enfant sur les clés pour supplier son père de pas couper le contact et écouter la fin de la chanson, c’est comme une vie qui se jouait, c’est beau et puissant…
    Merci pour ce partage (car c’est quand même de ça dont il s’agit, non ?).

  18. Angrom
    04.22.2015

    Excellent. Je m’y retrouve pas mal. Continue !!

  19. Clansman57
    04.23.2015

    C’était quand même très charmant,ces moyens de découvrir de la musique avant l’ère d’internet…
    Je faisais plus ou moins pareil que toi,mais avec les chaines musicales Viva et MTV.
    J’enregistrais les clips qui me plaisaient sur une cassette vidéo et fallait être patient également..

    Mes parents ou ma soeur n’avaient pas grand chose d’intéressant musicalement parlant…J’ai pas eu trop de chance de ce côté là…
    Petiot,je dansais dans le salon sur du New Kids On The Block avec ma soeur…Sans parler de Roch Voisine,Félix Gray et Didier Barbelivien…
    Je n’avais qu’un seul disque à moi,celui du générique de « Denver,le dernier dinosaure. »N’empêche que sur la pochette,il se produisait avec des lunettes de soleil et une guitare électrique…rose,il me semble…

    Puis vint la période Dance avec Corona,2Unlimited,Ace of Base,majoritairement compilés sur « La plus grande discothèque du monde » et autres « Top DJ »…Très certainement parce que les potes écoutaient ça,je suppose…

    Un jour,en magasin,j’ai supplié mon père de m’acheter une cassette de Michael Jackson,car il avait les cheveux longs et une veste en cuir sur la pochette.
    Je trouvais ça puissant,rien qu’au visuel,un côté rebelle pas déplaisant s’en dégageait.

    Mais mon déclic en Metal,c’était le t shirt de mon meilleur ami en primaire:un zombie qui sort de sa tombe,frappé par la foudre au front,ça en jette pas mal…Un magnifique dessin,peut être une de mes pochettes préférées encore aujourd’hui.

    Puis vint la période de Noël…j’ai commandé chez mon parrain le « Spaghetti incident » des Guns n Roses que j’avais vu dans une pub,sans trop savoir ce que c’était réellement.
    Je voyais juste que des personnes plus âgées que moi portaient des t shirts à l’effigie du groupe et ça se rapprochait de l’esprit Maiden,visuellement parlant.

    Le jour de ma visite chez mon parrain,j’ouvre mon paquet et je suis « déçu »…
    Pas de Guns n roses…Il me dit qu’il ne l’a pas trouvé…Mais à la place,j’y trouve une cassette du « A Real Live One » de Maiden,avec en plus un t shirt du « Number of the Beast »!
    Quel choc d’entrer dans cet univers avec « Be Quick Or Be Dead » dans l’auto radio de mon papa,sur le chemin du retour…le pauvre a illico baissé le son…N’empêche que je m’en souviens comme si c’était hier,de ces premières notes électriques!

    Ma seconde cassette,c’était encore un Maiden,un peu plus tard pour mon anniversaire,le « A Real Dead One »…
    J’avoue que lorsque je suis passé à l’album « Fear of the Dark » ensuite,je pensais que c’était une contrefaçon,car on entendait pas les cris du public…
    Ouais,je croyais que les albums Metal étaient tous des concerts..Hihi!(à 9 ans,penses tu..)

    22 ans après,je ne raffole pas tellement des live et j’ai toujours pas acheté le « Spaghetti incident ».

    ++

    • Canard
      04.24.2015

      De mémoire, il y a un bon titre sur le « Spaghetti » (quelle déconvenue cet album quand j’y repense)…
      Merci pour cette petite tranche de vie. C’est cool de lire certains détails (comme le groupe de Dance de merde « Corona ») etc.
      Et oui, c’est vrai que l’approche de la jeune génération actuelle doit nécessairement être différente, en mieux et en moins bien.

  20. karl von karl
    04.24.2015

    Salut,
    bravo pour tes papiers, du beau boulot, j’ai sincèrement apprécié celui-ci qui m’évoque des souvenirs personnels.
    Oui moi aussi j’avais flippé devant le clip de « thriller » qui était passé en avant première chez l’insupportable drucker. Quant à ma découverte de la guitare électrique, je crois que j’avais aux alentours de 9 ans : invité à un mariage à Bâle, mes parents me mènent dans une grande maison qui était apparemment celle des beaux parents de la mariée… et puis putain des tonnes de posters dans les couloirs avec des types aux cheveux longs qui jouent sur des grattes, j’avais jamais vu ça….soudain un bruit fort et distordu qui résonne dans la baraque, mon père pousse une porte et nous tombons nez à nez avec un type aux cheveux longs et grosse moustache(on est dans les 70s hein) qui joue de la guitare électrique dont le son sort d’un amplis énorme, je reste cloué debout, le type s’arrête et nous salut, il tire sur une cloppe et sourit, je demande à mon père si je peux rester avec le type pour écouter la suite…. mais non pas possible il faut le laisser répéter.
    Le choc fut incroyable et déclencheur de ma passion sans doute. J’ai appris bien longtemps après que le gars que j’avais vu jouait principalement du HENDRIX avec son groupe MORE EXPERIENCE assez connu en Suisse par la suite.
    En grandissant j’ai fais mon éducation musicale surtout avec l’émission suisse romande « JUKE BOX HEROES » qui passait le samedi après midi, une claque surnaturelle qui diffusait de nombreux clips de hard rock en plus de la pop. Avant que l’émission ne s’arrête après quelques années, ils ont diffusé le Live After Death de MAIDEN en intégralité, tu vois le niveau d’implication des gars, toute une époque clairement révolue.

    • Canard
      04.24.2015

      Merci pour ton commentaire.
      J’ai du mal à croire qu’on ait pu diffuser à la télé l’intégralité du Live After Death… mais bon vu le décalage de mentalité entre notre pays et la Suisse tout est possible.
      Merci donc pour ta petite anecdote. On a tous eu « une première fois » en matière d’éveil musical, des groupes, un son qui vont constituer le déclic. Pour ma part j’ai vécu ça comme un faisceau d’indices : SCORPIONS, EUROPE, AC/DC puis BON JOVI. Stop, on ne bouge plus : j’ai trouvé MA musique, celle que j’écouterais probablement toute ma vie.

  21. Breaker
    04.27.2015

    Merci Canard,
    Encore une très belle nouvelle, superbement écrite : tu as un vrai talent d’écriture.
    Cette belle histoire ne peut qu’évoquer des souvenirs similaires chez chacun d’entre nous.
    Elle m’evoque aussi deux autres choses :
    – devenus parents, quelle vision nos enfants ont de nous ? Quelles émotions suscitons nous chez eux ?
    Notre société matérialiste et individualiste veux nous imposer les diktats du loisir de masse aseptisé.
    Existe t’il encore des espaces de rébellion ?
    – j’ai lu quelque part que le Métal exprimait trois émotions : tristesse, violence et rébellion.
    Qu’en penses tu ?
    Merci encore pour ces si beaux textes.

    • rem
      04.27.2015

      Salut Breaker, super pseudo, c’est un fan de Wolf Hoffmann qui te le dit (Heavy REM en direct puisque le taulier est en déplacement avec manman au bord de la mer).
      Donc je réponds.

      – Devenu parent, le canard fait comme tout le monde, ce qu’il peut. Il essaiera de donner la notice et après vogue la galère. Le tout est surtout de ne pas enfermer dans une doctrine, quelle qu’elle soit. Tu peux aimer des choses « mainstream ». C’est pas un souci tant que tu le fais en conscience, en sachant que d’autres choses existent.

      – Le metal n’exprime pas spécialement la tristesse. Je vois même pas le rapport. Pour le reste à toi de voir si tu veux t’en servir pour être violent et rebelle. Le metal est une musique de « transcendance ». Elle te tire vers le haut et peut entretenir ta colère si tu en as par exemple, ou te donner la force au quotidien. Mais le metal n’est qu’un fuel, une énergie, pas un moteur. Le moteur c’est la passion. C’est l’une des « leçons » de PGC. Si vous pensez que ces histoires parlent de metal ou même de musique, vous avez loupé le coche. Pourtant je vous avais prévenu au tout début dans la rubrique « En savoir plus » y a deux ans et demi. http://www.pasgrandchose.com/lauteur/

      En tout cas le gars te remercie de ton attachement à ces histoires. Bisou !


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