Cédric (2/2)

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Au bout de quelques semaines, son attitude changea du tout au tout. Plus taciturne, plus silencieux, plus sérieux en cours également ; Cédric s’était comme éteint du jour au lendemain.

— Ça va toi, en ce moment ?
— Parfait, oui. Pourquoi ?
— Je ne sais pas, une impression. T’es différent depuis quelque temps.
— Non, ça va, je t’assure.
— Quelque chose te préoccupe, on dirait.
— Je réfléchis beaucoup en ce moment…
— À quoi ?
— Plein de trucs, la musique entre autre.
— C’est le nouveau Metallica qui va sortir ? Ça te stresse, c’est ça ?

Rire franc et massif. L’espace de quelques secondes, je retrouve le Cédric rigolard que j’ai connu en début d’année.

— Le nouveau Metallica, putain… Comment te dire ?
— Me dire quoi ?
— Que je m’en cogne, mais alors… d’une force. Je m’en tartine le fion, mon pote.


Le reste de la chronique est désormais disponible en version Kindle ICI (jusqu’au 31 aout 2016, PGC participe au concours des « Plumes Francophones », merci pour votre soutien)


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Les autres commentaires de Canard

46 réponses à “Cédric (2/2)”
  1. Dupinguez
    03.24.2015

    Effectivement, pas de baston, si ce n’est dans ton jeune esprit tourmenté.

    J’avoue ne pas avoir été super fan de cette seconde partie, dont je ne comprends pas bien les transitions. Plus particulièrement ce passage « Quelque chose en moi est en train de céder, profondément et définitivement. »
    Qu’est ce qui a cédé? Ton envie de le convaincre? Ta conviction que le metal était une musique intouchable? Cet « évènement » me parait trop soudain dans le récit.

    Mais si ça reste tout de même très agréable à lire, comme toujours!

    Tout cela m’amène une question qui me taraude après avoir parcouru l’ensemble de tes nouvelles : de tes deux passions principales, qui sont la lecture et le metal (ou plutôt la musique), tu as choisis d’en « concrétiser » une en passant à l’écriture, mais pas l’autre. Tu n’as jamais eu envie de jouer d’un instrument? D’être le propre exécutant d’une musique que tu avais envie d’entendre?

    Je dis ça puisqu’il s’agit de mon parcours personnel avec le metal. Cette quête du « toujours plus, toujours mieux », cette recherche forcément insatisfaite de la perfection metallique m’a amené naturellement à la composition. Comme on dit, « on n’est jamais mieux servis… gnagnagna ».

    • Canard
      03.24.2015

      Disons que – et c’est un peu l’objet du papier – que face au Classique, face à ce que je perçois de la Musique avec une majuscule, le Metal me semble d’un coup dérisoire et qu’il est évident que je ne pourrais pas ramener Cédric, qu’effectivement je touche pour la première fois de ma vie une limite dont je n’avais jamais eu conscience avant.

      Pour répondre sinon à ta question, je n’ai juste aucun talent particulier en musique, je n’aime pas « faire » de la musique non plus (ça ne me procure pas de plaisir particulier je dirais). Puis ado, je n’ai pas eu l’occasion d’en faire vraiment non plus (ceci explique sans doute cela). Par ailleurs et d’un point de vue général, j’ai tendance à davantage aimer « analyser » plutôt que « faire ».

      • Dupinguez
        03.24.2015

        Ok je comprends mieux, merci de tes réponses. Ce qui m’a interpellé aussi dans cette deuxième partie, c’est le fait que la musique classique et le metal se soient mutuellement exclus dans la vie de ce Cédric. On peut apprécier les deux styles et y trouver son compte pour différentes raisons.

        • Canard
          03.24.2015

          Cédric était quelqu’un d’assez « entier » et exclusif. Le Classique, sa découverte ont été un choc qui a tout balayé et changé radicalement sa vision des choses.

  2. östralaupytech
    03.24.2015

    Contrepied et feinte de corps ! Je l’avais pas vu venir le remplacement de Malmsteen et Rocco Siffredi par Wagner et Beethoven en 2e mi-temps. Même le gardien Canard en est resté scotché dans ses cages.
    J’ai également bifurqué quelques fois sur les sentiers tortueux de la musique; bardé de clous à 13 ans, j’ai aussi vénéré les subtilités progueuse du Van Der Graaf Generator, halluciné avec le 13th Floor elevator, ou pogoté sur Bad Religion, j’en passe et des plus corsés.
    Toutefois, je ne peux renier le frisson salvateur procuré par le retour aux sources. A intervalles irréguliers, j’ai toujours replongé dans le chaudron infernal.
    A 40 balais bien tassés, ma discothèque « metal » a considérablement enflé, et voilà que je me délecte à nouveau des craquements anachroniques de mes vieux vinyls de Manowar, Mercyful fate et consorts.
    Cependant, je ne pense pas que je renierai un jour les différents style musicaux qui m’ont accompagné jusque là. Je suis d’ailleurs plutôt satisfait que ma collection s’étende de Brahms à Slayer en passant par les Beattles ou les Ramones.
    Suis-je un False, docteur ?

    • Canard
      03.24.2015

      Ah ah.
      Excellent commentaire.
      Comme je le disais dans mon entretien avec Jésus, j’apprivoise moi même et avec près de 20 ans de retard le Classique et « vibre » depuis peu sur Malher, Wagner et Brahms (tiens, tiens) sans pour autant renier Bon Jovi et Slayer. Donc False toi même, je t’en prie. Et je citerais (de mémoire) mon maître – BUKOWSKI – sur le sujet : « Le Rock se contente de bruit et de rythmes. Il y a plus de force, plus de sang dans la musique Classique. La lame aiguisée des siècles est passée par là« .

      • östralaupytech
        03.24.2015

        Bukowski est un vieux dégueulasse qui ne se souvient de pas grand chose ! Et « Reign in blood » alors, c’est pas du sanglant sur bracelet de force.
        Lol

  3. Lyrr
    03.24.2015

    C’est marrant, j’ai toujours écouté énormément de musique classique à côté du Metal, mais l’idée de renoncer à l’un pour l’autre ne m’a jamais effleuré. Je comprends toutefois un peu sa réaction : le Metal, comme la plupart des autres styles de musique, voire tous, n’a pas cette grandeur, cette force émotionnelle, cette maîtrise musicale dans la manière d’être composé qui font du classique quelque chose d’à part. Si c’est ce qu’il recherchait dans la musique, je conçois bien qu’il ait pu être changé par sa découverte ; le Metal est un peu limité par les instruments utilisés (la guitare électrique manque cruellement d’expressivité) et par l’utilisation de riffs répétés plutôt que de thèmes développés. Mais le Metal ouvre d’autres possibilités de composition et parle plus à l’instinct qu’au cerveau ; les deux genres sont plutôt des compléments que des concurrents.

    Sinon, encore une belle chronique, peut-être même une de mes préférées. As-tu eu des nouvelles de ce Cédric par la suite ?

    • Canard
      03.25.2015

      Non, aucune. Je l’ai perdu de vue après le Bac. J’ai essayé de le « Google-iser » récemment, mais son patronyme est trop courant, j’ai rien trouvé. On est resté « potes » jusqu’à la Terminale. Je suis même venu le voir jouer de l’orgue une fois (j’ai écarté cette anecdote d’ailleurs pour ne pas alourdir le récit). Une connaissance commune m’avait dit – il y a très longtemps – qu’il s’était lancé dans la musique, jouait dans un Conservatoire, donnait des cours etc. bref qu’il était « à fond » là-dedans.

  4. bloodonmyhands
    03.24.2015

    Il est amusant de constater que, pour ma part, mon cheminement en musique à suivit la direction opposée à celle présentée dans le papier. Issu d’une culture musicale à 90% composée de musique classique et le restant de jazz (la musique de mes parents, surtout de mon père, authentique passionné depuis son plus jeune âge), je me suis tourné vers le heavy dès l’adolescence, par besoin de puissance, par envie de révolte et pour tracer ma propre voie, forger ma propre vision de la musique. Avec le recul, je ne pense pas qu’il y ait de courants musicaux meilleurs ou plus légitime que d’autres, seulement des ambitions différentes pour ces différents styles. La musique rock en général me transmet des émotions que je n’ai jamais connu dans le milieu classique. Si le classique à en effet servi de « socle » à toute les musiques « populaires », je n’ai jamais ressenti le besoin de la sacraliser outre mesure. S’il s’agit effectivement de la musique la plus variée et riche au niveau harmonique, entièrement écrite par des compositeurs qui dédiaient leurs vies à la compositions de leurs oeuvres, le metal n’en est pas moins respectable pour autant (avec aujourd’hui une scène très large et compétente) et beaucoup de groupes ont expérimenté dans des directions si improbables qu’il y a fort à parier qu’on en reparlera encore dans quelques siècles (l’avenir nous le dira -ou pas – on croise les doigts).
    Cela dit, je reviens régulièrement au classique qui apporte une grande richesse supplémentaire à mon univers musical.
    Bref… Arrêtons avec ce complexe metal / classique!

    • Canard
      03.25.2015

      Je suis en train de relire Kundera en ce moment. Il a écrit un passage sur le Rock et le Classique, sur un personnage qui justement aime à part égal les deux sans se soucier de la puissance de l’un par rapport à l’autre. Ton commentaire me fait penser à ça et tombe pile poil sur mon bouquin du moment, marrant.
      Avec le recul, je dirais juste que je « comprends » la réaction de Cédric (avec près de dix ans de retard). Mais ce n’est pas non plus ma position, je pense que j’écouterais du Metal toute ma vie et que ma seule incartade « Hors Metal » sera le Classique dont je commence seulement à mesurer la grandeur.
      Après oui, chaque musique n’a pas la même ambition, chaque musique ne vieillit pas non plus de la même façon. Le temps fait un travail de tri et de sape naturel. Je me moque un peu de ce qu’on peut penser du Metal par exemple, je fonctionne surtout à l’émotion et à l’envie. Mais le fait est qu’à ce jour la seule musique – autre que le Metal – qui me parle, me procure de grandes sensations est le Classique justement. C’est pourquoi d’ailleurs je voulais mettre cette histoire dans PGC à un moment.

      • bloodonmyhands
        03.25.2015

        Baignant plutôt (totalement, même) dans le milieu scientifique, je n’ai pas toutes tes références en littérature. De ce fait, je n’ai jamais lu Kundera, mais ce que tu en dis m’intéresse, je tâcherai de me pencher sur ses écrits.
        Mon « évolution » vers le Metal, que je considère comme une musique plus exubérante mais pas forcément moins « intérieure » que la musique Classique était en fin de compte assez logique. Rétrospectivement, je m’aperçois que j’ai toujours eu une nette préférence pour les compositeurs de l’ère moderne, Stravinsky et Shostakovich en tête (mon oeuvre favorite reste encore à ce jour le sacre du printemps qui me fait toujours frissonner aussi intensément), ce qui quelque part rejoint l’aspect tourmenté que je recherche dans le Metal. D’ailleurs, les compositeurs de l’ère classique (Vivaldi, Mozart…) ne me parlent pas et leurs oeuvres, que je trouve belles, ne m’ont jamais vraiment touché. Ce n’est qu’à partir de la période romantique (avec Beethoven) que je me suis véritablement intéressé au « Classique » (au sens large du terme).
        On peut d’une certaine façon voir dans les oeuvres des compositeurs de musique moderne les prémices de formes de musique plus « violentes » et bruyantes. Il y a donc une certaine continuité (relative, certes…) entre le Rock et le « Classique ».
        Sinon, je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait que le temps fait le tri. Malheureusement, il y a une telle abondance aujourd’hui que je ne suis pas certain que les artistes qui auront potentiellement innové seront remarqués par les futures générations, noyé qu’ils seront par les groupes les plus commerciaux

        • Canard
          03.26.2015

          « La vie est ailleurs » est l’un des romans qui m’a le plus marqué dans ma vie. De toute façon, quoique tu lises de lui, toute l’œuvre de Kundera (surtout jusqu’à « L’immortalité ») est essentielle. Tu peux pas vraiment te tromper ;)

          Sinon merci pour ton commentaire. Un ami mélomane me disait il y a fort longtemps que des compositeurs comme Wagner étaient finalement très proches du Metal. C’est sans doute vrai. Comme toute la vague « moderne » des russes (Moussorgski etc.).

          • bloodonmyhands
            03.29.2015

            Merci beaucoup pour ces conseils, c’est commandé!
            j’attends avec impatience ton prochain papier ;)

  5. Rikkit
    03.24.2015

    Ca me casse les pieds quand on avoue se détacher du rock parce que le c’est trop pauvre et que le classique est l’aboutissement mélodique. On écoute pas du « classique » comme on écoute du rock.

    Et puis l’energie et la puissance que dégage le Rock/Metal n’est sensiblement pas la même que celle dégagée par la musique dite « classique ».

  6. Tonton RG (Beurk Rogers Bla bla bla...)
    03.24.2015

    Ah ah! Je continue a penser que le Metal n’est pas ridicule en soi, même devant le classique. Ce n’est pas comparable bien qu’on retrouve des similitudes entre les deux genres.

    Ne serait-ce que la passion que ces deux musiques déclenchent chez ses fans.

    • Canard
      03.25.2015

      Bien vu, c’est vrai que le Metal et le Classique ont tendance à déclencher chez leurs fans une certaine exclusivité.

  7. Redsatch
    03.25.2015

    Ah les histoires à Canard et leurs rebondissements improbables. J’apprécie toujours autant ca depuis le début de tes chroniques (même si je mets rarement de commentaires parce que je fais ma faignasse!!).
    Encore un bon exemple de chroniques en plusieurs parties dont l’issue n’est jamais celle qu’on attend, et toujours bien écrites…
    Pour « Cédric », la transition du monde du metal vers les sphères encore plus élitistes du monde du classique de ton copain gratteux est excellente et plutôt imprévue. Même si d’un point de vue perso, je trouve toujours navrant les musiciens qui renient leurs bases dès lors qu’ils accèdent à un autre style. Je gratouille la poêle électrique depuis ma plus tendre enfance, suis passé par le heavy (découverte de Maiden avec Powerslave ca marque), le shred (Dieu m’est apparu en 87 armé de sa 6 cordes Ibanez et surfant avec l’alien), le prog (Gilmour est l’un des plus grand guitariste contemporain à mon avis), le jazz/fusion (Pat Metheny, Gambale, … et je connais bien Henri Texier que tu as découvert aussi il me semble…), le classique, etc… jamais je n’ai renié un style au profit de la découverte et l’approfondissement d’un autre.
    On peut pas complétement en vouloir à ce Cédric de se plonger dans le classique qui révèle quelques pépites en termes de puissance, mais metal et classique sont loin d’être incompatibles, il suffit d’écouter la version du 3ème mouvement de l’été de Vivaldi à la sauce Patrick Rondat pour en être convaincu.

    Enfin bref, merci pour ce bon moment de détente que t’offre à intervalles réguliers à l’anonyme lecteur que je suis… et bravo pour ta vanne « tu connais Bach? » , elle m’a bien fait marrer. D’ailleurs je vais me mettre « Monkey Business » pour me remotiver!

  8. Dahearetik
    03.25.2015

    Super deuxième partie qui me fait penser à ma situation actuelle…dans une moindre mesure.
    Cela fait plus de six mois que le thrash prend un place de plus en plus grande dans mes écoutes. Par moment, le death et surtout le black (par lequel je jurais jusqu’alors) me paraissent puéril et j’ai l’impression de décrocher légèrement.
    Alors certes je ne change pas de style mais le thrash m’apparaît tellement plus complet que ce que je pensais. Y’a de tout, de la colère, de la grandeur, de la beauté, de la tristesse etc.
    C’est peut-être ma découverte récente de Megadeth aussi…

    Le simple fait d’anticiper la fin de PGC m’emplit de tristesse.
    Par avance, merci pour ce partage de bouts de vie et pour ce super blog que je recommande vivement lorsque j’en ai l’occasion. Tu as un talent pour écrire et susciter du suspense, de l’émotion.

    • Canard
      03.25.2015

      Merci beaucoup pour ton commentaire.

  9. pere_fougasse
    03.25.2015

    Ah cette dernière phrase tombe tellement bien…
    C’est étonnant de voir Cédric préférer se fermer dans son coin en découvrant le classique plutôt que de faire partager ses découvertes au fur et à mesure. Et cette façon de renier le reste en prenant tout de haut… ça me fait penser à un pote qui découvre le boucher avec dix ans de retard et qui n’a pas voulu toucher au barbecue d’un autre pote parce qu’il avait acheté ses saucisses en barquettes.

    Belle incursion du classique dans PGC, t’as pas une histoire à nous broder sur ce qui a déclenché tes premiers intérêts en la matière. J’en ai déjà parlé ici mais c’était suite à ta chronique de Mekong Delta sur NIME que de mon côté j’ai eu envie de me pencher sur Moussorgski. Et quand on met le pied là dedans, c’est dur de s’arrêter. Etonnamment je n’ai toujours pas eu de vrais coups de cœur sur des grands comme Bach, Wagner et Brahms (même si sa quatrième symphonie…), j’ai tendance à mieux me retrouver dans le format symphonique (Bruckner, Dvorak, Mahler, Chostakovitch) jusqu’à en venir à multiplier les versions et à chercher des variations entre les interprétations.

    D’ailleurs, je me demande régulièrement si cette distinction compositeurs/interprètes nous attend dans un futur pas trop lointain pour nos mastodontes du metal. Les tributes fleurissent de plus en plus pour les Beatles, Pink Floyd, Genesis (je suis d’ailleurs étonné que notre Saint Canard n’évoque jamais la vague progressive des années 70s qui a tout pour rentrer dans son cahier des charges), et pour en avoir vu quelques uns, c’est plutôt réussi. Une fois que nos Sabbath, Priest, Maiden ou Metallica ne joueront plus, que la musique tournera encore plus en rond qu’actuellement, est-ce qu’on ne va pas se retrouver avec une chiée d’interprètes qui revisiteront encore et encore nos standards ? Master Of Reality Op.3, Altosbourne: Igor Herfikov , lead guitar: Sir Kevin Bogaard, Percussions: Élèves du centre de loisirs de Montauban ; ma future version préférée en 2050?

    • Canard
      03.26.2015

      Ah ah excellent.
      Comme toi, j’ai un net penchant pour le format symphonique. Mes compositeurs préférés sont à ce jour Mahler et Brahms. Plus toute la vague moderne russe dont je ne me lasse pas.

      Pour en revenir à « Cédric », au lycée j’étais tellement focalisé sur le Metal que Cédric a longtemps hésité avant de m’en parler. D’ailleurs, cet aveu de sa part ne s’est pas réellement fait comme dans mon histoire. Ca était plus progressif.
      Je me suis intéressé au Classique il y a peu, quelques discussions d’abord avec un oncle mélomane qui a titillé ma curiosité. Puis en lisant les correspondances de Bukowski dans lesquelles il formule certaines choses « décisives » pour moi. Bref pas de quoi faire une histoire PGC ;) le lien avec le Metal serait complètement estompé.

      • chtronk
        03.26.2015

        Marrant, ça. C’est la même chose pour moi. J’écoute quasi-exclusivement des symphonies, avec une prédilection pour celles qui rapent un peu les oreilles (Mahler (raahh, la 1ère par Kubelik), Shostakovich) même si je ne néglige pas les compositeurs plus consensuels (dans le désordre Brahms, Mendelssohn, Beethoven, Dvorak, Tchaïkovsky…).
        Ce qui ne m’empêche pas d’écouter du Running Wild ou du Sabaton (malgré les subtiles nuances qu’il puisse y avoir entre les productions de ces groupes et JS Bach par exemple).
        Cela dit, je peux comprendre la posture « c’est de la merde » que peut prendre ton Cédric suite à sa découverte de la musique classique (je suis passé par là également… que ce soit pour le classique ou le métal).

        • bloodonmyhands
          03.29.2015

          ll est vraiment dommage de passer a côté des concertos, en particulier ceux pour violoncelle de Shostakovich, qui sont des oeuvres magnifiques.
          À bon entendeur…

          ;)

          • pere_fougasse
            03.30.2015

            En tant que bon entendeur, je viens d’écouter le premier par Rostropovitch. Impossible évidemment de critiquer la performance mais c’est juste que personnellement, la prédominance du violoncelle fait que je n’arrive pas à garder mon attention sur l’intégralité, bien que ne dépassant pas la demi-heure. Ça me le fait encore plus pour le piano par exemple où je n’arrive toujours pas malgré une bonne douzaine d’écoutes à bien intégrer le concerto de l’Empereur supposé être la référence en la matière. Je n’avais pas eu ce problème pour Aranjuez par contre, plus coloré et « charismatique » peut-être.

            Quant à Chostakovitch, je voulais en profiter pour recommander d’écouter les symphonies en suivant les chroniques disponibles sur Forces Parallèles. Je dois avouer que c’est en régal de les mettre dans leur contexte et de constater à quel point des œuvres « simplement » musicales peuvent avoir de telles teneurs politiques voire humoristique. Excellent travail du chroniqueur qui a développé des « notices » de l’intégralité des symphonies, ça m’avait passionné et bluffé. Chipstouille a aussi décortiqué les principaux pics de l’œuvre colossale d’Haydn, passionnant également bien que dans un autre registre, plus léger que le russe. Et surtout ça m’avait permis de trouver une direction vers laquelle commencer, choisir son premier Haydn c’est comme se retrouver à la bibliothèque devant les 200 San Antonios.

            Le plus frustrant c’est de se dire qu’on ne pourra jamais faire le tour de tout ça, il suffit de partir faire un tour sur youtube et de basculer de suggestion en suggestion, Bruch, Raff, Eberl, Berwald… on se retrouve à vouloir tout approfondir sans le pouvoir. Rageant ! Contrairement à nos groupes de rock aux discographies assimilables par dizaines, il faut là se résoudre à beaucoup survoler finalement. A moins de prendre trente ans sabbatiques pour s’y consacrer.

      • Zoliv
        03.26.2015

        Marrant comme on est pas mal de métalleux à s’intéresser au classique avec l’âge.
        Pour ma part, je fais dans le mainstream avec Mozart (où là j’ai carrément fait une obsession sur le Requiem avec recherche avide de toutes les versions possibles), Beethoven, mais aussi Dvorak, Grieg ou dans le vraiment bizarre Penderecki ou Ligeti.

        • Chtronk
          03.27.2015

          Perso j’écoutais du classique (ça fait bien 20 ans que l’ouverture de coriolan tourne en boucle dans ma tête, façon démangeaison mentale) avant d’écouter du métal (je me suis intéressé au métal avec l’âge…). La première accroche : la découverte de « raining blood » utilisé par cartman dans un épisode de south park pour se débarrasser d’une invasion de hippies. L’écoute de epica (métal sympho, ben ouais) et de ultra vomit (qui on eu l’élégance de concentrer dans un seul album du black, du death, du power, du grind etc…) ont fait le reste.

  10. KaosFactor
    03.26.2015

    C’est une histoire qui me laisse perplexe. Je n’y rentre pas. Les deux parties ne collent pas à mon goût.

    Mais c’est peut-être cette énième référence au « Classique » qui me déstabilise. Voilà une musique que je « connais ». Mon père a de quoi retapisser la Bibliothèque nationale avec ses disques et CDs. S’il m’a fait découvrir le « Rock » via Pink Floyd surtout, il nous a passé en long et en large moults morceaux de ce « Classique ».

    Et bien, pour moi, c’est pédant comme musique. Orgueilleux. Prétentieux. Sans jamais avoir eu de conflits entre nous, il est clair que nous ne serons jamais sur la même longueur d’harmonique, mon père et moi. Tiens, pas plus tard que le mois dernier, petite phrase significative de sa part : « Alors, tu écoutes toujours ta musique ? » Même sans y mettre le ton, la phrase est parlante, non !?

    Et puis, j’ai fait du piano, aussi. Arg… J’ai passé des concours auquel je ne comprenais rien, mais on me faisait comprendre à quel point CETTE musique était au-dessus de tout.

    Non, je ne comprends pas cette deuxième partie. Je ne comprends pas que l’on puisse être déstabilisé par la pédanterie. Non, il n’y a pas de musique « au-dessus » d’une autre. C’est affaire d’émotions, de sentiments, de ressentis. La branlette intellectuelle existe aussi dans le Metal, mais elle asphyxie complètement ce « Classique ».

    Désolé, donc, d’être resté sur le bas-côté cette fois.

    • Canard
      03.26.2015

      Bah c’est pas grave, j’ai même envie de dire désolé ;)
      C’est pas que j’ai été déstabilisé par la pédanterie, c’est pas vraiment ça. Disons qu’il m’est apparu pour la première fois quelque chose de fondamental, qui a relayé ma musique à un plan inférieur. Ca revient un peu à toucher une « limite », à se rendre compte qu’on est dépassé, qu’on ne pige pas un truc « important ».

      • Pilgrimwen
        03.26.2015

        Je ne pense pas que les auteurs de Musique dite Classique soient pédants. Je pense qu’il s’agit d’une attitude pédante de la part d’auditeurs.

        Et comme Cédric, il m’est arrivé par moment l’envie de plaquer le Hard-Rock pour la Musique Classique…

    • Thomas
      03.27.2015

      Tout d’abord bravo à l’auteur et merci pour ce blog, ces années de rires et d’émotions ! Métalleux converti et fan « de la première heure » de PGC, je me retrouve entièrement dans ce papier.

      J’aimerais réagir au jugement de KaosFactor que je trouve un peu hâtif et facile. En mon sens la réalité est un peu plus complexe que ce qu’il avance.

      Quel qu’en soit le ressenti subjectif, qui doit toujours être respecté, il faut bien avoir l’humilité et le bon sens de constater que metal et classique se trouvent, sauf exceptions dans les deux genres, à des niveaux d’élaboration bien différents. On ne met pas, et je cite ici le morceau qui m’a fait chavirer vers le classique, la Nuit Transfigurée de Schoenberg, au niveau de n’importe quel album de musique sous prétexte que seuls l’émotion et le ressenti importent (d’ailleurs cette oeuvre est extrêmement évocatrice et représente pour moi le parfait équilibre entre « tête » et « coeur »).
      Même si on n’aime pas cette musique, il faut reconnaître qu’en termes d’inventivité mélodique et harmonique, de rythmes, de variétés de timbres et de maîtrise instrumentale, le classique est au dessus de tout le reste. À vrai dire, c’est logique que ce soit le cas : c’est de loin le style de musique le plus ancien, qui a eu des siècles pour s’étoffer et évoluer, tout en utilisant un panel d’instruments de plus en plus large…

      Par contre il faut bien se garder de tirer de cette supériorité objective, qui relève du bon sens, une appréciation, auquel cas on peut effectivement parler de masturbation intellectuelle (dont sont atteints une partie des classiqueux bien sûr), ou du mépris, ce qui est malhonnète.
      L’erreur des classiqueux est de hiérarchiser les ressentis en s’appuyant sur ces critères, et c’est ça qui peut les rendre pédants. Mais jamais un vrai mélomane ne prétendra « connaître », ne trouvera « orgueilleux » ou « prétentieux » un style ou une oeuvre qu’ils ne comprennent pas (au pif, le contemporain, le jazz… ou le metal !).

      Et puis bon, à chaque personne sa façon d’écouter, ses degrés d’élaboration minimaux (en dessous desquels on trouve ça bateau) et maximaux (au dessus desquels on est largué). C’est pas qu’on est plus ou moins con que la moyenne, juste qu’on est ainsi fait.

      Si, il y a des musiques au dessus d’autres. C’est juste que ça n’a aucune importance ;-)

      • Rikkit
        03.27.2015

        Je ne comprend pas très bien. Je veux bien admettre que techniquement et harmoniquement, la musique dite « classique » peut se trouver au dessus du panier, mais le Jazz vise aussi le sommet lorsque l’on se base sur ces « critères ». Après, ils ne s’agit effectivement que de « critères ». Des critères qui parleront plus à certains qu’à d’autres, mais qui je pense, pour la musique, ne peuvent pas fonctionner hierarchiquement.

  11. Metalingus
    03.28.2015

    Une excellente chronique comme toujours.

    J’ai toujours eu beaucoup de difficulté avec les personnes du genre de Cédric. Même dans sa période « Metal » je ne l’aurais pas aimé.

    En effet, préféré un groupe simplement parce qu’il est techniquement bon est l’opposé complet de mon idéologie de la musique. Celle-ci s’écoute avec les tripes, avec le cœur et l’émotion. C’est le cerveau reptilien qui prend le dessus sur tout.

    Une chose que j’ai toujours aimé de tes chroniques est le fait que j’ai souvent vécu le même genre de questionnement que toi (ou tes personnages). Concernant le changement de style musical, ceci n’avait jamais été le cas jusqu’à tout récemment.

    J’écoute du metal depuis que j’ai 14 ans (j’en ai 25 aujourd’hui) et pour une raison obscur je me suis demandé il y a quelques mois si j’allais à jamais en écouter. Ma réaction? J’ai eu peur. Peur de perdre mes grands amours, peur de ne plus aimé les groupes pour lesquels je me suis défendu becs et ongles. Peur d’être blasé en attendant pour la 10000000e fois Master Of Puppets. Plutôt étrange comme réaction…

  12. MrPropre
    03.28.2015

    J’ai une grande attirance moi aussi pour le classique, et depuis toujours. Mais j’ai des préférences et des limites… J’adore les symphonies ou les concertos et mes limites se trouvent dans le baroque, la danse ou la sacrée…
    Il me faut un orchestre philharmonique, des cuivres et des percus et mon poil s’hérisse comme à l’écoute de « monkey business ».
    Ce T-shirt de « slave to the grind » est un collector, j’espère que « tonton » l’a bien conservé!!!…

    • Canard
      03.30.2015

      Je me demande s’il l’a encore, il est plus tout jeune ce t-shirt…
      Je lui demanderais à l’occasion (je sais pas si il lit les commentaires).

  13. Marty
    03.29.2015

    Ce blog approche doucement de sa fin et je n’ai toujours pas laissé de commentaire, ne serait-ce que pour te féliciter pour tes écrits, diversifiés mais toujours très intéressants, avec en plus une qualité d’écriture admirable.

    J’ai bien aimé l’évolution de cette histoire, on ne s’y attend pas vraiment, on se prépare plutôt à trouver quelque chose de plus « classique » telle une simple baston.

    La vision de ce gars est en tout cas assez extrême (un peu à ton image remarque), se confortant finalement dans une vision très réductrice de la musique. Certes niveau composition, des mecs comme Bach et consorts te laissent toujours sur le cul ; c’est beau, c’est chiadé, c’est d’une pureté presque mathématique. Cependant, l’une de mes meilleures expériences musicales est un concert de Sunn0))) où je me suis retrouvé dans un petit cocon fait d’une distorsion à la pureté absolue et me faisait monter plus haut que moult drogues ; pourtant, il serait difficile de dire que ne serait-ce qu’une note aurait été vraiment jouée.

    Comme quoi, même l’approche la plus « noble » de la musique est loin d’atteindre l’ensemble de ses potentialités.

    • Canard
      03.30.2015

      Connais pas Sunnn0))) mais ça m’intrigue. Je vais aller jeter une oreille…
      Sinon bah merci pour ce premier commentaire. Dans l’absolu, ça m’amuse de me dire que des lecteurs liront mon blog dans l’ombre jusqu’à la fin. Au moins toi, tu seras sorti du bois (un peu) avant la fin ;)

      • Zoliv
        03.30.2015

        Aaaaaah, SunnO))) c’est une expérience, je suis pas totalement persuadé que ça va te plaire, mais tente le coup. Par contre il y a beaucoup d’albums TRES différents, et la vraie expérience c’est en live. Quasiment pas de mélodie, un gros magma de son, des « infrabasses » qui font vibrer le corps. Comme c’est un ovni, ça a beaucoup buzzé, du coup je me souviens d’une fois où ils sont passés au Point Ephémère, salle dans laquelle passent souvent des trucs à la mode, et qui a des « habitués » qui font un peu tous les concerts (c’est aussi un bar), il y avait eu un paquet de petites nanas frêles qui ont du sortir suite à un malaise pendant SunnO))) (ça vibrait trop), avec quelques vomis à la clef.

        • Canard
          04.01.2015

          Bah je vais tenter le coup, histoire de.
          Mais cette histoire de vomi féminin m’excite assez, je dois dire ;)

    • Rikkit
      03.30.2015

      Marrant que tu cites Sunn 0))), j’ai lu ce papier à l’écoute de Special Low Frequency Version de Earth. Effectivement, se fier entièrement à la technique musicale, c’est être voué à s’emmerder tout le reste de sa life.

  14. Ryko
    03.30.2015

    On sent bien que ça te fait perdre pied cette découverte du classique. Encore une bien chouette histoire.

    Perso j’ai découvert le classique avant le métal grâce à mes parents donc l’électrochoc s’est fait pour moi avec le métal. Et je m’en suis toujours pas remis !

    Sinon j’avais entendu que des chercheurs étaient partis sur une île isolée de toute civilisation pour tester la réaction d’une tribu à la musique. La seule fois où tout les habitants ont arrêté tout ce qu’ils faisaient pour s’assoir proche du tourne-disque c’était sur du Mozart. Je sais pas si tout cela est bien vrai et j’ai jamais eut l’envie de vérifier de peur que tout cela ne soit que du flan, et que du coup ce Mozart perde un peu de son « universalisme » (je sais j’y vais fort). Mais faut avouer que même si on aime pas, le bougre a un sens de l’harmonie mélodique extraordinaire.

    En tout cas j’ai assez hâte de savoir ce que nous réserve la fin de tes aventures !

  15. Breaker
    04.01.2015

    Juste quelques mots pour féliciter Canard.
    Belle histoire.
    Cédric est en quête d’absolu, et semble avoir une très haute opinion de lui même.
    À son âge, je faisais le conservatoire.
    En sens inverse, je n’ai découvert le Métal qu’ensuite.
    Aucune musique ne m’a jamais crée autant d’émotions que le Métal. Aucune.
    Le classique vient juste après.
    La plupart de nos groupes préférés revendiquent le classique comme une de leur principale influence.
    L’un d’eux a réussi la synthèse parfaite : Wolf Hoffman (ACCEPT) : nombre de ses solis sont la reprise Métal de grands compositeurs classiques (Bethoven, Edward Grieg …). Avec un talent et un toucher de gratte inimitables !
    Le temps me manque de poster un vrai commentaire digne de la qualité de l’œuvre de notre Canard : grâce lui soit rendu pour ses excellentes nouvelles !
    Merci encore.

    • Canard
      04.02.2015

      Merci à toi pour ce commentaire.
      Et bien vu pour Loulou Hoffman, non seulement c’est un super guitariste mais il est effectivement empreint de références classiques.

  16. Breaker
    04.01.2015

    En complément de mon précédent message, j’ai une question.
    À un moment de sa période Métal, Cédric, du haut de sa superbe, dénigre Adrian SMITH.
    Je me demandais : toi qui a vu ton pote de l’époque jouer : jouait il les partitions d’Adrian SMITH ? Savait il vraiment faire aussi bien, sinon mieux, ou était ce de la forfanterie ?
    Up the Irons !

    • Canard
      04.02.2015

      Pour te répondre, je me permets de te raconter une anecdote sur le sujet.
      C’était un matin, pendant la pause, le débat tournait autour de Maiden. De leur niveau « guitaristique ». Presque tout le monde défendait Murray, Smith etc. Y avait un type qui prétendait que niveau grattes Heavy, rien de valait la paire Tipton/Downing (je me souviens qu’à l’époque je savais pas que c’était le nom des gratteux du Priest). David disait que Maiden de toute façon hein on s’en fout. Et Cédric balançait vannes sur vannes, se montrait comme à son habitude plus cinglant que tout le monde. A un moment, un hardos « pro Maiden » a sorti son Discman et a calé « Wasted Years » en tendant ensuite les oreillettes à Cédric : « Et ça alors, c’est de la merde peut être ? ». L’espace d’un instant, personne ne dit rien. On guette tous la réaction de Cédric. Au bout de quelques secondes : sourire de fouine, secousses d’épaules et petit rire sardonique.
      — ‘ttendez, je reviens, lâche t’il pour aller chercher sa gratte.
      « Remets le morceau du début » demande-t-il. Et sous nos yeux ébahis, Cédric reproduit le riff de « Wasted Years » avec un air détaché. Sa démonstration calme tout le monde sous le préau. Il fait glisser sa main avec désinvolture comme si c’était « rien », comme si c’était un jeu d’enfant.
      — Alors franchement, c’est compliqué les gars ? ironise-t-il. Voyez, ça, je peux pas le faire avec n’importe quel morceau de Satch ou Malmsteen. Mais Maiden franchement…

      Je ne sais pas si la démonstration de Cédric était « bonne », si le riff de « Wasted Years » est compliqué ou non à reproduire à l’oreille. Mais je sais que c’était un tueur, qu’il en était au stade où il ne trouvait plus de « bons » profs de gratte pour progresser, qu’il était « obligé » de mater des vidéos de Hendrix ou autres pour continuer à apprendre des trucs. Que personne ne pouvait le contredire sur ce sujet parce que la guitare – avant sa découverte du Classique – c’était juste toute sa vie.


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