La vie d’un Canard en Entreprise : Comment assurer une présentation en Conseil d’Administration avec un t-shirt de Slayer ?

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Tout hardos dans la force de l’âge, ayant fait quelque étude, se retrouve un jour confronté à l’entreprise et ses règles de vie. Un monde étrange où on n’a pas le droit d’écouter de la musique en travaillant, où il faut mettre des chemises et où on rencontre tout un tas de gens qui n’ont jamais écouté un album d’Iron Maiden.

Très vite, on vous regarde bizarrement, les gens vous parlent avec condescendance sous prétexte que vous portez un bracelet en cuir, puis la DRH vous convoque et vous parle du « Dress Code » qui ne prévoit pas le port d’un T-shirt de Slayer, ni même de Metallica. On fait bien un peu de « résistance », mais au bout d’un avertissement et d’un coup de fil à votre école, on comprend qu’on n’a pas trop le choix : pantalon à pinces, chaussures de ville et chemise. Tel est le triste minimum syndical. C’est donc un Canard consterné qui a été obligé de porter des oripeaux dignes d’un fan de Dream Theater après moult explications des gravures par une DRH aussi ouverte d’esprit que le trou de balle d’une fourmi.

Alors, les pompes en cuir qui remplacent les Van’s, ça, encore, je pouvais m’y faire. Les chemises, pareil. On est mieux en T-Shirt mais bon, à la limite, c’est supportable. Mais le pantalon à pinces : au secours ! Chaque matin, j’allais au boulot avec l’étrange impression que mes burnes étaient plaquées contre un mur, que chaque déplacement finirait par me rendre eunuque. Horrible. Dire que des tas de mecs filent droit en « costard-cravate » tous les matins à la Défense… Attifés comme ça, je ne peux m’empêcher de penser que cet accoutrement annihile inconsciemment une partie de l’indépendance d’esprit et toute envie de rébellion. Peut-on faire la révolution en costume Christian Dior ? Je ne crois pas.

Heureusement pour ma pomme, dans le règlement, y avait une tolérance le vendredi, même qu’on appelle ça le « Friday Wear ». Bizarrement, mes collègues ne semblaient pas trop profiter de cette journée de liberté. Un jour comme un autre pour eux, alors que pour moi c’était LE jour où je pouvais aller bosser en jeans avec un super T-Shirt sans qu’on puisse me dire quoi que ce soit. Chat perché ! La DRH m’envoya bien un mail pour m’expliquer que le « Friday Wear » ne devait pas servir de prétexte à venir au travail déguisé, mais le délégué du personnel m’avait confirmé que « rien dans les textes m’interdisait de venir travailler avec un t-shirt Paradise Lost, que c’était même discriminatoire de porter un jugement la dessus ». Bref, moi et la DRH avions pris un mauvais départ, mais dans le fond ce n’était pas si grave, vu que ma « tutrice de stage » était bien cool (en plus son mari étant fan de Scorpions).

Je travaillais sur un sujet tellement pas intéressant que ça vaut même pas le coup que je vous en parle. Seul détail important : les résultats de mon stage devaient donner lieu à une présentation devant le Conseil d’Administration de la boite. Pour être plus précis, mon topo était l’un des sujets à l’ordre du jour du Conseil. J’étais l’un des dix intervenants qui allaient se succéder lors de cette grande messe avec cocktails, programme, PowerPoint et tout le bordel. Y avait même une espèce de « présentatrice » pour animer le Conseil d’Administration. Rapidement, il a été convenu que ce serait ma « tutrice de stage » qui présenterait mon projet pendant ce Conseil d’Administration parce que « c’était mieux comme ça ». De toute façon, c’était elle qui allait être interrogée et qui allait exploiter les résultats de mon travail. C’était logique. Et ça m’allait très bien, car le Conseil d’Administration en question tombait un vendredi… et ça m’emmerdait passablement de devoir sacrifier un de mes derniers « Friday Wear » pour raconter trois conneries devant un parterre de mecs qui se la pètent.

La fatidique date du Conseil d’Administration approchait. Ma tutrice, Martine de son petit nom, était contente de mon boulot, les résultats lui convenaient. Moi aussi j’étais content d’elle, car désormais elle différenciait Iron Maiden de Metallica. Elle appréciait Anthrax à sa juste mesure (et en particulier la reprise US d’ « Antisocial » de Trust) et le soir, pour son retour en bagnole, je lui avais concocté une compile des plus belles ballades du Metal vu que ça reste quand même une gonzesse.

Et il arriva ce qui devait arriver.

Le fameux vendredi matin « jour du Conseil d’Administration », devant ma pile de t-shirts noirs floqués, j’hésitais entre mon « Live After Death » et le Slayer tout simple avec le pentacle… et je ressentis comme un mauvais feeling. Mon petit doigt me disait qu’il valait mieux assurer ce jour-là. Je chassais ce Jiminy Cricket et optais finalement pour le Slayer. Après tout, je n’étais QUE stagiaire, puis comme on dit : « l’habit ne faisait pas le moine ». L’essentiel était quand même le boulot abattu, non ?

Non et c’est ce que nous allons voir.

J’arrive au taf comme d’habitude, avec les 5 minutes de retard règlementaire, je prends mon café Sélecta dégueulasse (Long – Grains – Sans Sucre) avec ma collègue de bureau, une assistante qui me supporte tous les jours. Enfin, qui supporte mes groupes (oui, je bosse en musique). Je fais mes traditionnelles blagues du matin, on refait les horoscopes du jour et je critique le menu de la cantine. Quand tout d’un coup, on voit débouler l’espèce d’animatrice.

— Martine est souffrante ce matin ! Va falloir que tu présentes toi-même ton projet devant le Conseil d’Administration !

A peine a-t-elle fini de prononcer sa phrase qu’elle réalise la beauté de mon t-shirt et l’extrême raffinement de mon pantalon baggy extra large.

— Euh, par contre, va falloir vous changer, parce que là, devant le Conseil, ça va pas être possible.

C’est à mon tour de réaliser qu’elle est en chemisier avec une petite jupe et des escarpins ridicules. J’estime dommage pour elle de pas pouvoir profiter comme il se doit de son « Friday Wear ».

— On est vendredi, c’est Friday Wear, je suis venu « cool ».
— Attendez, c’est pas cool votre tenue là, c’est « clodo » ! Y a une nuance entre « casual » et « SDF » tout de même.
— Bah j’ai pas d’autres fringues sur moi, désolé. Je ne me balade pas avec une chemise propre sur moi au cas où je dois passer devant un Conseil d’ Administration.
— Non mais là, c’est juste pas possible. En plus, votre présentation commence dans 20 minutes…
— Je suis à plus d’une demi- heure de chez moi, j’ai pas le temps de faire un aller-retour…

L’espace d’un instant, j’ai l’impression qu’elle va se mettre à pleurer. Tout cela me semble un rien dramatique tout de même : personne ne mourra si je fais une présentation avec un t-shirt de Slayer. On s’en fout, non ? Je pense qu’à ce moment-là n’importe qui aurait pu lire dans mes pensées, car aussitôt la présentatrice à deux balles s’est mise à crier :

— Vous ne pouvez pas présenter votre travail comme ça ! Trouvez une solution, débrouillez-vous ! Je vais intervertir l’ordre du jour pour vous laisser un peu de temps, mais vous ne POUVEZ pas vous pointer dans cette tenue.

Je regarde ma montre. J’ai cinquante minutes top chrono pour me changer. Ça ne me laisse pas assez de temps pour rentrer chez moi et me changer, mais je vais bien trouver une solution. Je sors de la boite et vais chez l’épicier du coin. Je lui demande si par hasard il ne vend pas des chemises ; il me répond que « oui ». Je fonce retirer des espèces (il ne prend pas la CB, ce con). Quand je reviens, il me tend des chemises « plastique » genre protège documents…

Panique.

Je retourne au bureau demander conseils à ma collègue. Elle se marre. Pour me dépanner, elle a bien un chemisier sale oublié au fond de son armoire. Elle me tend sa frusque avec un grand sourire et je file aux gogues pour le passer. Son chemisier est beaucoup trop petit, j’arrive à peine à le fermer… Je me regarde dans la glace des chiottes, les poils de ma poitrine tentent de s’extirper du vêtement et je découvre en plus une immense tache de café au niveau du bras. Quand je retourne à mon bureau, ma collègue a appelé entre-temps plusieurs copines. Tout le monde est éclaté de rire. J’ai l’air d’un con, je ressemble à rien : des Van’s pourries, le baggy et un chemisier tâché. Vu le carnage, autant se pointer dans un déguisement digne de ce nom.

Je regarde ma montre. J’interviens dans 5 minutes…

Je respire un bon coup : à ce tarif-là ne vaut-il pas mieux présenter en t-shirt de Slayer ? Là, je ressemble à un travelo Punk. Par ailleurs, j’emmerde l’animatrice. Qui est-elle pour me dire comment je DOIS m’habiller ? Je ne suis même pas certain qu’elle ait déjà écouté « Seasons in the Abyss », cette conne.

C’est donc avec fierté, et un brin de désespoir, que je repasse mon beau t-shirt de Slayer et file vers la grande salle de réunion. Quand l’animatrice me voit monter sur l’estrade, elle s’étrangle dans sa présentation. Ça donne un truc comme :

— Merci donc à Monsieur Machepro-Duguidon pour son exposé des risques blabla, nous allons passer maintenant à la présentation de Monsieur Canard qui va nous faire un compte rendu de son travail de stage sur les gargl garg argh.

A mon avis, après une intro comme ça, n’importe qui part avec un handicap certain. Mais je suis serein. Je suis fan de Slayer, je suis fier de ce groupe, mon t-shirt est magnifique et j’emmerde tous ces gens. Fucking Hostile.

En montant sur l’estrade, l’auditoire tremble quasiment à la vue du pentacle, ça murmure dans tous les coins de la salle. Et j’en ai rien à foutre. J’imagine Kerry King derrière moi m’approuvant d’un signe de tête. Cette idée m’emplit d’un courage mal placé.

Donc à la question : Comment assurer une présentation en Conseil d’Administration avec un t-shirt de Slayer ? Je vous réponds : on n’assure pas, c’est juste impossible. J’aurais été prix Nobel de je-sais-pas-quoi que, de toutes façons, on ne m’aurait pas écouté. Tout travail effectué en entreprise est naturellement décrédibilisé si Slayer et consorts se trouvent dans les parages. Comme me le dira très justement Martine quelques jours plus tard : « Oui, l’habit ne fait pas le moine, mais il y contribue fortement ».

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Les autres commentaires de Canard

37 réponses à “La vie d’un Canard en Entreprise : Comment assurer une présentation en Conseil d’Administration avec un t-shirt de Slayer ?”
  1. Prisoner
    01.28.2013

    J’adore tes chroniques, un grand bravo :)

  2. Bertrand
    01.28.2013

    Je n’ai aucun problème le vendredi pour porter des t-shirts de Hard, le DG étant musicien ça aide.
    Mais je reste soft, généralement c’est des noirs et blanc style BÖC, Sortilège, Thin Lizzy, Rory Gallagher.
    Je n’ai pas encore mis mon t-shirt Killers de Maiden ou PSBWB de Megadeth mais il m’est arrivé de me pointer plusieurs fois avec mon sweat Megadeth.
    Le monde du travail est malheureusement comme ça. Mais un trou du cul en costard présentera toujours mieux qu’un gars compétent habillé en jean/t-shirt.

  3. Alexis
    01.28.2013

    Et dire que dans quelques années ce sera à mon tour de m’habiller en pingouin pour aller bosser :(

  4. Logan
    01.28.2013

    Chapeau bas l’auteur ! Dans un sens est ce vraiment la crédibilité d’une salle de conf’ remplie de culs pincés qui importe ?
    All hail to you Canard comme le hurlerait un certain Eric Adams. T’as un nouvel abonné (passurquecesoitflatteurquecesoitmoimaismerdecasoignetesstatistiquesaprestoutohheheinbon)

    • Canard
      01.29.2013

      En entreprise, « l’habit fait le moine » et le hardos doit faire des concessions s’il veut passer sa période d’essai.
      C’est la triste conclusion à laquelle je suis arrivé lors de mon périlleux passage étudiant – jeune actif.
      En tout cas, merci à tous pour vos commentaires sympas.
      @+
      Canard

  5. Bertrand
    01.30.2013

    « En entreprise, « l’habit fait le moine » et le hardos doit faire des concessions s’il veut passer sa période d’essai. »
    Sauf quand on a la chance d’avoir un chef fan de Hard qui a vu AC/DC en 78 avec Bon Scott, Kiss, Trust entre autre.
    Ce qui est mon cas.

  6. Loutre
    01.30.2013

    J’ai beaucoup aimé ce post.

    J’ai la chance de travailler dans ZE milieu pro où porter un jean pas déchiré c’est déjà le summum de l’élégance. J’ai taffé avec des mecs à crêtes rouges, t-shirt Anthrax et assez de piercings pour foutre la merde à Roissy, et dans ma boîte actuelle, si tu te pointes avec un pantalon à pince c’est que tu viens pour un entretien d’embauche. Malgré tout, je sympathise vivement à ta douleur. En France, c’est comme ça, tu peux être un putain d’abruti mais avoir l’air d’un DSK jeune (l’air chafouin en moins) et t’en sortir comme un prince, même si t’es le dernier des autistes et que t’as été fini à l’urine.

    Courage.

  7. punkgachette
    01.31.2013

    Ce genre de situation foireuse qui me conforte dans l’idée que nous devrions nous arracher pour avoir un job en adéquation avec nos centres d’interet et donc nous memes ( quelques qu’ils soit : hard rock, glisse, sport, pate a modeler ou bien élevage de chèvre afghanne, qu’importe! ) plutot qu’un job purement alimentaire.Grand bravo a ceux qui ont réussi! Grand courage pour les autres!
    Et chapeau bas a l’auteur! purement jouissif! comme un gros « je vous emmerde » envoyer a leurs gueules….

  8. Chipstouille
    01.31.2013

    La mailing liste marche au poil, qui dépasse du chemisier.
    Un grand bravo pour ce billet d’humeur, ce coup-ci j’ai profité du morceau d’accompagnement et ça le fait :)

  9. Axldobby
    02.01.2013

    Quelle belle connerie, en effet :( J’ai eu les mêmes réflexions par le passé mais de la part d’une étudiante… Cette dernière me soutenait que je ne trouverai pas de stage avec mes cheveux longs et ma garde robe de clodo, surtout dans la branche commerciale. J’ai dit « fuck » et ai dégoté dès le début de l’année universitaire mon stage. La nana, elle, n’avait toujours rien trouvé vers la fin de l’année, moment où se déroulaient les stages. Conclusion: parfois il faut oser! Et surtout, rester soi-même! Si tu ne supportes pas le costard, que tu es mal à l’aise dedans, cela se ressentira :)

    Et aujourd’hui, j’ai la chance de taf’ dans un milieu relativement clément, tolérant vis-à-vis du vestimentaire et physique.

  10. Dr.GrosZob
    02.02.2013

    Wouah, voilà une expérience ô combien traumatisante! Personnellement je pense que l’envie de déféquer sur toutes ces têtes de noeuds auraient largement pris le pas sur la nécessité de bosser pour vivre. A plus forte raison lors d’un stage où 9x / 10 tu es de toutes façons pris pour une truffe. J’ai la joie de bosser comme chercheur dans un domaine ou il est possible de faire des présentations devant des gens importants, tous pourvus de leur beau doctorat bac+8, habillé comme bon vous semble. Et pas un ne moufterait pour un t-shirt slayer (bon, je garantie pas qu’il connaîtront tous, mais j’ai vu plus d’une fois des hardos faire des talks dans des conférences internationales avec la panoplie réglementaire du métalleux….)
    Bon courage dans ce monde de sac à m**de!

  11. Marylyth
    02.02.2013

    Un grand merci pour cette chro’ que j’ai dévorée (j’aime beaucoup ton style).
    J’espère que ça ne t’a pas pénalisé pour ton compte rendu de stage et puis merci car je n’ai jamais osé enfreindre le dress code en stage, étant Goth j’évite le violet à lèvre et les escarpins zombies alors avec Slayer, tu as réalisé un fantasme ;)

    • Canard
      02.04.2013

      A terme, oui ça m’a pénalisé. Notamment la DRH qui a eu droit à sa revanche. Ceci étant, l’idée était de valider mon stage et c’est ce que j’ai pu faire. Donc bon le mal fut moindre.

  12. 02.03.2013

    Magiques! Ces chroniques d’un hardos (comme on les appelait jadis) sont succulentes.
    Pour ma part, ayant choisi la voie du Droit (pour combien de temps?), je pense qu’il sera dur d’échapper à l’accoutrement de rigueur. Vous imaginez, vous, un notaire avec un sweat Cannibal Corpse? un avocat avec un t-shirt Sunn O)))?
    Ce changerait des robes à la noix remarque.

    Bref, Sir Canard, vous comptez un nouvel abonné.

    • Canard
      02.04.2013

      C’est dommage quelque part. Un notaire avec un t-shirt de Canniboule inspirerait davantage la confiance, non ?
      Sinon merci merci. Et oubliez pas d’aller m’aimer sur FB et de me linker comme des batards.

  13. Bebert
    02.04.2013

    Merci pour cette chro, Canard. Javoue m’être bien fendu la gueule en deux.
    Allez, j’en profite pour m’abonner à la newsletter, té!

  14. Fefer
    02.04.2013

    Pour celle là, j’me suis bien marré en te lisant et le morceau colle impec.
    Ça a, quand même, du bon la fonction publique ;o)

  15. Macareux
    02.06.2013

    Tant pis pour les collègues, j’ai lu…

    Cette chronique m’a fait rire assez moyennement. Non pas qu’elle soit mauvaise, loin s’en faut. Mais elle m’a rappelé l’époque où j’ai commencé à essayer de m’assumer en amateur de hardrock au boulôt.
    Il y avait :
    – les fonds d’écran avec mon Eddie chéri et les les réflexions que j’ai pris (de la pincette style C. Boutin au gars que je pensais ouvert et qui m’a sorti « Ils existent encore eux ???? »),
    – l’UNIQUE fois où j’ai mis un teeshirt musical pour le boulôt (The number of the beast, en « corroded ») et les regards assassins toute la journée (c’était un vendredi).

    Depuis, les teeshirts musicaux, quels qu’ils soient, servent le week-end ou les vacances, en soirée au mieux, mais plus jamais au bureau.
    Les cons ont gagné, je renonce à me battre.

    Reste les fonds d’écran (de nombreux débats mais je garde cet ultime rempart) et les commentaires désobligeants sur les concerts où je vais (dernière en date : « A quoi ça sert de mettre des bouchons en concert ? » … A conserver le peu d’audition qu’il me reste, co—se !!! (non je n’ai pas répondu ça mais je l’ai pensé si fort qu’elle a du l’entendre).
    Pourtant mon entreprise est jeune et « dynamique ». Mais aussi coincée du c-l…

    A la prochaine, Canard adoré !!!!

    • Canard
      02.06.2013

      Merci pour tes commentaires. C’est un plaisir de faire plaisir ;)
      Je comprends quand tu dis que les cons ont gagné. Je ne suis pas loin de le penser.
      J’ai bien mon beau James transpirant en fond d’écran aussi, je fais bien profiter à mes collègues ma musique, y a pas si longtemps je mettais encore un bracelet en cuir par dessus ma chemise pour montrer que hein…
      Puis, on a l’air d’un con, faut bien avouer. A quoi ça sert de mettre un bracelet en cuir par dessus une chemise ? Ca n’a aucun sens.
      Du coup, avec le temps, j’ai appris à plus « intérioriser » ma passion, j’ai trouvé un look pour le boulot que je peux assumer et de temps en temps je mets mon t-shirt BaD Religion, Paradise Lost ou Dark Tranquility (mes plus softs), histoire de.
      Mais pas de quoi en faire une histoire justement.
      Des bisous @ tous
      Canard

      • Axldobby
        02.09.2013

        Je rebondis sur ton com’. « Afficher » (navré pour l’expression, d’où les guillemets) sa passion à outrance (vestimentaire, physique, comportement, etc.), n’est-ce pas quelque part une envie, un besoin de reconnaissance ? Je pense qu’à partir du moment où tu intériorises (pour reprendre ton terme) ta passion – tu sais ce que tu es, ce que tu aimes et que tu n’as nullement ce besoin de clamer haut et fort tes convictions (ici musicales) -, tu fais preuve d’une certaine « maturité ». Avis personnel bien entendu :)

        Bonne journée à toi,
        J’attends avec impatience le prochain billet! :D

    • Canard
      02.06.2013

      Je suis tellement honoré de valider ton premier commentaire dans mon antre que j’en ai les doigts qui tremblent sur le clavier ch s e fhueh oen

    • Macareux
      02.06.2013

      Merci pour le lien.
      Belle mise en perspective.

      Je suis presque « hors sujet » car mes bouchons je ne les ai mis que sur des « petites » salles dans ma ville (Bordeaux). Sur pas mal de concerts (Opeth par exemple), le son était vraiment trop fort, voir insupportable. Ma seule virée à Bercy, je ne les avais pas pris (je n’en avais pas encore à l’époque). Etant en latéral et « haut » dans la salle, je n’ai pas ressenti de problème particulier.
      Pardon si tu as pris l’insulte pour toi (c’était pas le but). La collègue à laquelle je pensais considère notre metal chéri comme du bruit inécoutable. Son seul concert c’était Bon Jovi à Madrid et … elle s’y est fait chier. Libre à elle, chacun ses gouts. Mais une grosse insulte à tous ceux, elle compris, qui considèrent que les autres, c’est de la m—-.

      Pour en finir, je vais faire Roger Waters au Stade de France. L’image de l’article de REM me fait rire (jaune) car les places que j’ai pris, on risque de ne pas voir grand chose….

  16. Steph
    02.12.2013

    Amusant, je n’ai pas ce problème là au boulot, je ne l’ai jamais eu, et je ne suis plus stagiaire depuis belle lurette.

    Au mieux, ça fait sourire mes collègues ou la direction mais bon, les boulots où il faut se coller un balai où j’pense pour « bosser bien comme il faut », j’évite au possible.

    Autant je peux comprendre que quand on va en clientèle, on représente l’entreprise pour laquelle on travaille, et donc l’image qu’on donne est sensée être celle de l’entreprise. Autant pour bosser tous les jours, je n’y vois aucun intérêt.

    J’ai déjà été dans un cas similaire, habillé d’un joli t-shirt Metallica et d’un short par un jour d’été où je n’avais aucun rdv. Et paf, ma boss vient me trouver pour m’annoncer qu’on rencontre un nouveau client, et que je serai de la partie pour l’aspect technique. Je regarde mon t-shirt, je la regarde, je souris. J’y ai été ainsi, et tout le monde a survécu, le client a signé, ma boss a un peu stressé mais ce fut vite oublié, au final, j’ai été convainquant…

    L’idée même est ridicule de juger quelqu’un sur sa façon de s’habiller, pour peu qu’il soit propre, le reste, c’est tellement accessoire…

    Enfin, amusant et triste à la fois…

  17. Tissora
    02.13.2013

    Cette chronique m’a bien fait rire, merci.

    Personnellement, travaillant dans les bureaux et au contact de la clientèle qui n’est pas le commercial de base , mais plutôt le gars qui va poser sa signature au bas du contrat, je n’ai jamais cherché à transgresser le dress-code de l’entreprise.
    En stage, en blaguant avec mon responsable, j’ai cependant émis cette hypothèse et il m’a répondu: « ce genre de liberté tu pourras quand tu seras à la manutention. La-bas, tant que ça ne remet pas en cause la sécurité et le travail, tout le monde s’en fout (d’eux) .Maintenant si tu veux faire les 2 mois au stock pas de problème… » .
    J’ai plutôt joué depuis la touche discrète et subtile (fond d’écran ésotérique, Cd trainant sur un coin de mon bureau et sonneries de portable bien sentie. Et je suis plutôt satisfait du résultat : 2 profils se sont dessinés. Ceux qui m’ont avoué avoir été fans de Deep Purple et Black Sabbath depuis leur jeunesse, et ceux qui ont commencer à trouver flippant d’avoir un gars à priori normal comme eux qui écoute des trucs pareil. Ce qui n’était pas pour me déplaire dans certaines circonstances.

    Maintenant le vestimentaire hardos n’est-il pas un uniforme lui aussi? Ben si dans son environnement comme le costume au bureau. Faut juste être cohérent, même si je suis aller au concert de SlipKnot (avec des jeunes, hein) en costume parce que j’avais pas eu le temps de me changer en partant à la dernière minute du boulot

  18. Mad Mat
    02.13.2013

    Très bon papier. J’ai bossé dans une grosse boîte et ça ne me gênait pas de m’habiller en costard. En vérité, j’aimais bien ça, et d’une manière générale, j’ai un style vestimentaire classique. Il m’arrive même de me demander si je ne suis pas un traître à la cause, mais je suis à l’aise comme ça. Donc je ne me pose plus de questions, je me sape comme je veux et puis basta.

  19. Martial
    02.19.2013

    On peut également se demander si servir de panneau publicitaire (que l’on paye au prix fort) à son groupe favori est un acte réel de rebellion ou une simple marque de conformisme à son propre groupe social.

    Oui, j’ai lu Bourdieu pour les (très) nuls avant de venir.

    Au final, l’acte le plus couillu est il de se pointer au taf avec un t shirt slayer ou a un concert de slayer en costard? :) (me demandez pas, j’ai pas la réponse)

    • Urbudec
      05.25.2013

      +1000.

      Ma réponse: aller voir Slayer en costard. C’est ça, le vrai anticonformisme.
      Porter un t-shirt de son groupe préféré est à peu près aussi con que de faire de la pub gratuite pour Nike ou Adidas. Soumission totale au système.

  20. Redsatch
    03.21.2013

    trop bon! Perso mon boss ne s’étonnerait pas de me voir avec mes t-shirt MAIDEN mais c’est ma femme qui veut p’u qu’j’les mettes :)

  21. Manex Peio
    04.15.2013

    Canardo,

    Effectivement, même le Friday Casual doit rester sobre ….. J’ai juste profiter de la semaine entre noël et le jour de l’an pour porter mes frusques habituelles car tout le monde était en vacances (ou presque), ça donnait donc doc marteens, sweat à capuche et tshirt metal …. Certains collègues m’ont pas reconnu aussitôt en me croisant !!

  22. 05.03.2013

    Jeff Hanneman, guitariste de Slayer est mort.

    «Les membres de Slayer ont la douleur d’annoncer que leur collègue et frère… est décédé vers 11 heures ce matin»

    R.I.P. fuck, Shit…

  23. Cardinal-Sin
    06.21.2013

    Excellent tes textes, d’une manière générale comme on est de la même génération pas mal font l’effet d’un déjà vécu…

    perso j’ai tenté l’examen oral avec le T-Shirt Sodom… ça l’a pas fait pas non plus. On y repensant c’était vraiment très con, mais sur le moment c’était juste normal

    Aujourd’hui à 35 balais, c’est vrai que mettre un T-Shirt Slayer au boulot ne me traverse plus l’esprit… l’expérience peut-être. Mais c’est vrai qu’à quelque part l’envie est toujours là ;)

  24. Fitch Zardû
    11.08.2013

    Oh le beau sujet que voilà. Tu as tout dit Canardou, le costume, que je qualifie de pyjama d’entreprise, annihile toute velléité d’indépendance. On a poussé le vice jusqu’à l’attifer d’une cravate qui représente la laisse du chien et appuie délicatement sur la pomme d’Adan pour te rappeler que tu es un « esclave volontaire ». Ton article démontre que le « friday wear » est une vaste foutaise dans les cas de figure où il s’agit de faire une « prez » face à des « chefs », ou des membres du « CA ». Pourquoi ? Parce que l’habit fait le moine, évidemment ! Si vous en doutez encore, regardez les réactions des meufs. Quand je porte mon pyjama d’entreprise, ce sont les seuls moments où la gent féminine me dit « Aujourd’hui, t’es bô ». Pire, elles fantasment toutes sur les costumes militaires. Pauvres de nous. Dans une société conditionnée par ces codes vestimentaires ridicules mais acceptés de tous, le moindre signe de rébellion est inacceptable. Le punk et au thrash sont donc proscrits. Aussi parce qu’ils donnent à celui qui le porte une image de rebelle immature qui n’a pas compris que l’entreprise était désormais sa seule culture, et le patron son nouveau Dieu. Soyons clairs, Metal et entreprise font tache, c’est pour ça que, dans les années 2000, j’ai opté pour les taches sur les fringues, juste pour faire chier mes chefs, mes collègues. C’était ma façon de pour montrer à quel point je fiste l’enculture d’entreprise et tous les pingouins pathétiques dont elle se pare et qu’on appelle « chef ». Amen

  25. Zorglub
    10.15.2014

    Ca me rappelle des choses… :D
    Au début pour me persuader que j’avais encore l’esprit rebelle, je mettais des T-shirts de Loudblast sous mes chemises blanches (forcément ça se remarque…).
    Puis, même avec quelques (modestes) responsabilités, je suis venu en t-shirt de hard (fuck le dress-code), mais c’était encore toléré parce que j’étais dans une petite boîte et que je me présentais pas comme ça devant les clients.
    Et en changeant de taf’ j’ai opté pour l’uniforme (costard-cravate) irréprochable. Par contre maintenant j’ai les cheveux longs. J’aime bien essayer d’enculer les préjugés…

    Bravo pour ces chroniques, je me régale ! :)

  26. Camille
    04.22.2017

    Change de boulot mec ! Tu sembles avoir choisi le mauvais taf si pour toi c’est si important de rester toi même en toute circonstance !

  27. Scratch
    04.26.2017

    Petite pensée pour le Canard alors que je viens de faire ma première demo logiciel devant le pdg et le no.2 de la boîte en sweat Pantera…

    • Canard
      05.31.2017

      Comme quoi, ma petite histoire de T-shirt de SLAYER peut se décliner à travers les générations ;)
      Merci pour ton commentaire en tout cas.


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