Ma nuit avec les G-Squad (1/2)

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Ma nuit avec les G-Squad


Debout, face aux caméras, je scrute la meute des révolutionnaires du dimanche qui fait le pied de grue devant le bâtiment de la Direction. Je joue avec le joystick qui dirige la caméra pour zoomer, zieuter tout et n’importe quoi. Certains font la grise mine de circonstance, mais la plupart sont rigolards, papotent tranquillement la clope au bec. Un rapide balayage des lieux ne permet en tout cas pas de deviner qu’il est question de plan social, que des emplois sont menacés, que quelque chose d’important se joue présentement.

Un des grévistes finit par repérer ma caméra qui bouge, alors on se fixe lui et moi par écran interposé. Il fronce les sourcils, je souris. Crâne rasé et visage mal rasé, look négligé, boucle d’oreille. Du coude, il pousse son pote gréviste et lui montre ma caméra, il s’avance de quelques pas et articule une phrase que je n’entends pas, quelque chose de probablement hostile. Son copain éclate de rire. Comme encouragé, le crâne rasé dégaine un doigt d’honneur à mon attention, aussitôt imité par son acolyte, puis d’autres. Rapidement, ma caméra récolte une série de doigts levés, plus un type qui se caresse l’entrejambe. La CGT dans toute sa splendeur.

L’ironie du sort a voulu que ce soit MOI la personne visée, comme « œil de Moscou », comme du côté des flics, de la Direction ou peu importe. J’aimerais leur dire qu’il y a erreur, leur parler à travers les haut-parleurs, m’adresser à cette foule pour l’encourager, l’exhorter à ne rien lâcher, je hurlerais ensuite dans le micro les codes d’accès des bureaux pour que tous puissent se répandre dans les étages de la Direction pour la curée, je les regarderai faire la peau à ces connards de patrons, de managers de mes couilles. Pas de négociation. Pas de quartiers surtout, les gars ! J’ouvrirais toutes les portes, désactiverais  les alarmes, les sorties de secours et, pendant qu’ils écorcheraient vivants ces fils de pute, je déverserais dans les haut-parleurs un petit « Creeping Death » de bon aloi. Quel plus glorieux tableau que de voir un bout du système s’effondrer, d’observer ainsi la révolution sociale en marche ?


Le reste de la chronique est désormais disponible en version Kindle ICI (jusqu’au 31 aout 2016, PGC participe au concours des « Plumes Francophones », merci pour votre soutien)

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Les autres commentaires de Canard

12 réponses à “Ma nuit avec les G-Squad (1/2)”
  1. Skyzosheep
    01.28.2015

    Je comprends qu’il faut bien installer l’ambiance, mais ce papier me semble un peu « dilué ». En tout cas j’ai hâte de voir la fin, ça promets d’être explosif

  2. DaHeraetik
    01.28.2015

    Ca commence sacrément bien.
    Pour Here Comes the Pain, c’est con d’avoir lâché la lecture. Une vie humaine ce n’est pas un enchaînement de joyeusetés et de licornes (encore moins avec Canard) et pour ma part, cela reste un des papiers qui m’a le plus marqué !

  3. Xav_le_ouf
    01.28.2015

    Ils sont où les G-Squad ?
    Gros bravo pour ces papiers que j’attends toujours avec impatience.
    Sinon comme d’habitude hâte d’avoir la suite. On retrouve effectivement l’ambiance de « here comes the pain » avec cette tension qui fait sentir que ça peut partir en vrille en 3 sec. A part que là, c’est vous (toi ? allez toi !) c’est toi qui a envie de foutre la merde. Cette histoire se passe à une période différente de « here comes the pain » ? Ton personnage semble moins mature et calme que dans cette dernière.

    • Canard
      01.28.2015

      T’auras l’explication du terme « G-Squad » dans la deuxième partie. Forcément hein ;)
      Sinon, non, « Here Comes » et ce papier, c’est à peu près la même période (de 1998 à 2002 à peu près), soit une sale période pour ma pomme.
      Et merci !

  4. Valkyr
    01.28.2015

    Salut Canard, je suis avec grand plaisir tes histoires depuis l’ouverture du site ainsi que tes chroniques sur NIME même si je n’écoute pas de Thrash Metal (oui je sais, je suis un false mais j’assume).

    Je poste mon premier commentaire juste pour me plaindre de quelques trucs (oui je sais, je suis un emmerdeur de première).
    Tout d’abord, et c’est un sacrilège, il y a des fautes sur les noms des combattants de Street Fighter à la fin : il ne faut pas d’accent à « Vega », c’est « Ryu » et non pas « Ruy » et tu as mis « Dahlsim » dans le dernier paragraphe plutôt que « Dhalsim ».
    De plus, Dhalsim est super balèze mais très dur à jouer. Et enfin, on ne joue pas à Street Fighter II sans le son ! Quelle idée de mettre du Metallica par dessus !? La bande son est culte, que ce soit les excellentes musiques ou les bruitages surpuissants.

    Sinon, j’adore ce que tu fais ^^

    • Canard
      01.29.2015

      Je vais aller corriger ça. Merci pour ces corrections « crotte de mouche » mais qui peuvent froisser la susceptibilité des plus jeunes.
      Je n’ai jamais été fan des « musiques » et autres « bip bip » des jeux, ça me tape sur le système au bout d’un moment. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours « coupé » le son et joué avec de la musique (au casque ou sur la chaîne). Bien entendu, il y a bien quelques jeux dont la bande-son est « digne de ce nom » (je garde un souvenir assez grandiose de celle de Starcraft par exemple), mais la plupart du temps je passe mon temps à faire « pause » pour changer la musique ;)
      Sinon dans le cas du présent papier, je préciserais que pour le « son » de SF je n’avais pas le choix : c’était un PC du boulot sans carte son ni enceintes.
      Toujours content de lire le premier commentaire d’un lecteur et @+

  5. Pilgrimwen
    02.01.2015

    Nul… Depuis quelques temps, à chaque papier/lecture, j’ai l’impression de me retrouver avec un déséquilibré. Je n’ai plus de plaisir à te lire…

    • Canard
      02.02.2015

      Alors ne te force pas…

      • Pilgimwen
        02.03.2015

        « Aussi « Ma nuit avec les G-Squad » ne constitue qu’un léger aperçu des dégâts, je précise cela pour Pilgrimwen qui a l’impression de lire un « déséquilibré ». Le mot est faible, cher ami. Ce que je te laisse entrapercevoir dans ce genre de papier est édulcoré, te préserve pour ainsi dire. Et moi aussi par la même occasion. Parce que cet abyme n’est jamais très loin, qu’il me guette, que la tentation du vide n’est pas la même chez tout le monde. Tu parles d’équilibre, alors que j’essaie de rester, de me maintenir debout. Ah ah. »

        -> Par politesse, je me permets une réponse : cette sensation de vide, je l’ai profondément senti étant enfant. J’ai reçu une éducation très rigide, à la « marche ou crève ». J’ai été souffre-douleur d’un parent. Je ne cherche pas à me poser en victime, de toute manière le mal est fait. Je me suis relevé moult fois alors que j’étais à terre. Aujourd’hui, je pense avoir trouvé un semblant d’équilibre et, surtout!, un sens à ma vie.

        A te lire, j’ai noté une sensibilité très grande en toi, sensibilité que tu caches derrière une certaine brusquerie. Il me semble que tu as vécu certaines situations difficilement, peut-être de par ta sensibilité. Des situations qui, pour un autre, eurent été surmontées plus facilement.

        Ton blog m’apparaît parfois comme un exutoire à une colère profondément enfouie, une forme d’injustice mal digérée. Il m’arrive de déplorer certains commentaires de la part de lecteurs qui se gaussent de tes exploits… Pour eux, tout ceci n’est que fiction. Comme tu le dis si bien, la vérité ne doit pas être si reluisante que cela. Et bien bête est celui qui admire tes méandres…

        • Canard
          02.03.2015

          Je compatis.
          En ce qui me concerne, « la vérité est ailleurs » comme le disait Mulder. Mais c’est bien essayé.
          Comme je le disais lors de mon entretien-interview, PGC est une façon pour moi de régler des comptes avec le passé. D’écrire et réécrire certaines choses. En ce sens, c’est de la vraie autofiction. Pour être honnête, j’écris parce que j’en ai « besoin ». Il s’agit d’une démarche plus personnelle que pour être « lue ». Le fait d’avoir bouclé PGC récemment me fait m’interroger sur ce point (j’en ai toujours besoin… oui, mais de quoi ?).
          Pour le reste, faut pas blâmer les « autres » lecteurs. J’ai volontairement tourné ce blog de façon drolatique avec une volonté de faire du « page turning ». Faire rire e/ou émouvoir. Toi, tu as TOUT lu, en croisant les histoires entre elles etc. et tu as commencé à analyser certaines choses. Bien. Mais PGC se lit très bien au premier degré, c’est même sa vocation première : des anecdotes de frappadingues avec – éventuellement – un petit quelque chose derrière. C’est ce qui fait le sel ou non.
          C’est pour cela que ton précédent commentaire (avec le terme de « déséquilibré ») me semble pas cohérent avec ce que tu as déjà laissé comme commentaire. M’enfin c’est pas bien grave. Comme je le disais dans mon précédent édito, les papiers comme « Ma nuit avec les G-Squad » me font statistiquement perdre des lecteurs. C’est normal. On ne peut pas plaire tout le temps à tout le monde. Et je n’ai de toute façon pas envie de plaire au plus grand nombre.

  6. Tonton RG (Beurk Rogers Bla bla bla...)
    02.03.2015

    Je dois avouer que pour une fois je vois pas ou on va???
    J’ai hate de lire la suite!

  7. 08.08.2016

    There are plenty of words that were considered bad at one time that are now used every day. It’s the desinsitezing of America AND you’re getting old Mr. Poor Uncle.


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