Ma nuit avec les G-Squad (2/2)

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BIIIIIP BIIIIPPPP

Interphone. Abdelkader est de retour. Numur va réveiller Fernandez avec la douceur d’une maman.

— Nardinamouk, fait froid dehors, peste Abdelkader en tendant le talkie au « tos ».
— RAS ? demande Numur.
— RAS… RAS… Évidemment, « RAS » ! Y a rien à putain de signaler. Tout le monde s’est tiré ! Il est près d’une heure du matin ! Tu peux me dire à quoi ça rime de patrouiller en pleine nuit sur un site vide ? vocifère Abdelkader en désignant les parkings déserts sur les écrans de surveillance.
— Je vais te dire moi, ça a du sens parce que vous êtes de bons toutous, vous faites un boulot à la con, alors on vous dit de faire un truc et vous vous exécutez. C’est ainsi depuis la nuit des temps avec les clébards dans votre genre. Vous avez beau avoir un bel uniforme et un super talkie, si on vous dit de pisser ici, vous levez la patte et puis c’est tout.

Je sors ça sans lever l’écran de Street Fighter.

— Je ne vois pas en quoi t’es différent, clébard toi-même !
— Disons que pendant que tu te pèles les burnes à surveiller des parkings vides, moi je suis ici à jouer, à écouter de la musique bien au chaud.
— Ah ouais ? Et tu gagnes combien ? On peut savoir ?
— Qu’est-ce que ça peut bien foutre ?
— Bah…
— Allez, réchauffe-toi bien et retourne devant tes écrans, quand il sera 5 heures du mat’ faudra que tu retournes te peler le cul sur le parking pendant que moi et Numur on sera en train de jouer.
— Je t’emmerde.
— Pas tant que moi.


Le reste de la chronique est désormais disponible en version Kindle ICI (jusqu’au 31 aout 2016, PGC participe au concours des « Plumes Francophones », merci pour votre soutien)

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A propos de Canard :

Les autres commentaires de Canard

20 réponses à “Ma nuit avec les G-Squad (2/2)”
  1. Orchid
    02.03.2015

    J’ai lu toutes tes histoires et c’est la première fois que je commente donc je vais essayer d’être concis.

    Merci pour tout, tes histoires sont magiques. Je les attends avec impatience et je ne suis jamais déçu.

    J’aime bien Canard, ton personnage (ou toi, je ne sais pas). Il peut être un bel enfoiré ou un mec sympa mais il a toujours les mêmes principes et valeurs. Et il est fan de Slayer (ça rime !)

    Donc continue comme ça ! Et si tu veux qu’il y ai plus de gens à lire tes histoires, demande à des pages facebook sur le métal de te faire de la pub.

  2. Skyzosheep
    02.03.2015

    Lu et approuvé!

  3. Chtronk
    02.03.2015

    Eh ben, ça n’a pas dû être facile à écrire comme histoire.
    Tu fus un vrai petit con, qui pour une fois a reçu ce qu’il méritait (c’est à dire une bonne dérouillée).
    En tout cas c’est très agréable à lire et fortement distrayant, donc je dis bravo. Et vivement la suite.
    Une question cependant : cet épisode t’a-t-il servi d’électrochoc ? Tes histoires post-études sont nettement plus softs (au niveau comportement canardesque) que les années collège/lycée.
    Serait-il possible (oui je rêve) d’avoir tes histoire quelque part triées par ordre chonologique (oui j´aime moi aussi classer les choses) ?

    • Canard
      02.04.2015

      Au contraire, l’une des plus faciles. C’est juste la fin qui m’a fait un peu transpirer parce qu’initialement trop « proche » de « Here Comes » donc j’ai croisé deux anecdotes pour rendre l’histoire un peu différente.
      Pour répondre à ta question, non pas cet épisode là. L’histoire de l’électrochoc, je vous la réserve pour le final de PGC ;)
      Quand tout sera publié, je proposerais une page sur le site pour tout lire dans l’ordre, c’est une bonne idée. Je pense.

  4. KaosFactor
    02.04.2015

    Je la trouve moins « brut » et poisseuse que « Here comes the pain ». Je ne pense pas que tu perdras du lecteur avec celle-là. Je n’arrive pas à comprendre les gens qui décident d’arrêter un truc parce qu’il y a juste un passage de difficile pour eux… Et l’idée du dépassement de soi ? De chercher à comprendre ? D’aller au-delà des apparences et des évidences ?

    Bref.

    Et comme toujours, tu arrives à surprendre avec la deuxième partie. Toujours aussi sympa, donc.

    • Canard
      02.04.2015

      Moi aussi, je la trouve moins violente que « Here Comes » mais bon. Le fait est que j’ai eu des désinscriptions depuis quelques jours.
      C’est pas bien grave, de toute façon c’est bientôt la fin ;)
      Ceci étant, pour en revenir à la lectrice qui a décidé d’arrêter PGC à cause de cela, je peux comprendre. Certains trucs que je raconte sont violents, l’ambiance est souvent « plombée » (pour reprendre le terme de Heavy REM). Je comprends qu’on n’ait pas envie de cela ou que cela puisse décevoir.

      • KaosFactor
        02.04.2015

        Bin, moi, je ne comprends pas vraiment.

        Tes textes sont en plusieurs parties. Et la dernière apporte souvent un « twist » qui fait relativiser complètement les parties d’avant.

        Alors, bon, on peut dire que oui, l’ambiance est parfois lourde, mais ces « twists » font la différence et apporte un angle particulier à l’histoire, un nouvel éclairage.

        Perso, je ne trouve pas que ce que tu écris est gratuit. Il y a du sens.

        Tant pis pour ceux qui s’en vont pour si peu. C’est surtout dommage pour eux, dans le fond.

        • Canard
          02.05.2015

          Oui, je sais, beaucoup de mes lecteurs pensent comme toi. D’ailleurs les commentaires sont généralement dithyrambiques.
          Mais je peux comprendre AUSSI que de lire des termes comme « sale raton » ou des litanies d’insultes (mouchetées de sang) finissent par lasser ou écœurer. C’est une question de goût, de ce que t’as envie de lire ou pas. Si je regarde les autres histoires à venir, je vais aller sur d’autres registres mais par exemple « Franz le sale boche » est super super plombé, ça rigole pas. Alors que « Echanges de bons procédés » est 100 % drolatique. Chacun de mes papiers a son propre dosage, ça me semble normal au final que certains soient plus sensibles à – je sais pas – « Danse de la mort à bord du TGV Paris-Bordeaux » qu’à mon « Année Jazz » ou « Les Grouillots ».

  5. Akron
    02.04.2015

    Je l’aime particulièrement bien celle-là, peut-être un de mes papiers préférés.

    On s’éloigne peut-être un peu de la musique sur la fin (encore que…) mais c’est une belle « leçon » de vie il me semble.

    • Canard
      02.05.2015

      Ah te revoilà, poil au bras !
      Merci pour ton commentaire, c’est cool. « Leçon de vie » faut voir, j’irais pas jusque là mais si tu insistes hein pourquoi pas.

  6. Kommander
    02.05.2015

    Moins étouffant que « Here Comes the Pain », mais toujours dérageant cette fois (le dernier était assez embarrassant).
    Pas par ce qui s’y passe, mais parce que cela a l’air de résonner avec ce qui l’actualité du moment. Et le fait que presque rien n’a bougé 16 ans (?) après. Exactement comme « The Wall » du Floyd : toujours à rejeter la faute sur fond de bordel social, toujours à s’enfermer dans un mur, jusqu’à devenir son propre tyran (me fait toujours des frissons le moment des beugleries dans le mégaphone ou « Goodbye Blue Sky »). Être prêt aux bassesses pour s’en sortir, ce bourre-pif et le « Live Shit » (meilleur moment : concert à Seattle en 1989) qui tourne.

    Je me demande si la prochaine histoire sera plombée. En tout cas, je l’attends au tournant, vu que cela semble être la dernière où l’on verra JF. Personnage qui m’a le plus attiré. Le pote de longtemps (collège + lycée mine de rien), des trucs ensemble, et puis la rupture. J’espère me tenir sur les autres qui suivront.

    A très bientôt.

    • Canard
      02.05.2015

      Oui, j’ai hésité d’ailleurs à changer la « programmation » de la saison 4 suite à l’affaire « Charlie » pour éviter un écho déplacé. Puis bon, je me suis dit que bon hein après tout, fallait pas déconner non plus.

      Pour la prochaine histoire, tu verras et tu ne manqueras pas de nous dire ;)

  7. pere_fougasse
    02.09.2015

    Encore beaucoup de plaisir sur les nouveautés !
    Hormis le cadre du boulot, je ne vois pas tant de point commun que ça avec Here Comes The Pain que j’ai relu pour l’occasion et « dérange » bien moins que celui-ci.

    Dans la première histoire, malgré le pétage de plomb, ton personnage garde un rôle finalement « noble », sachant que tu viens à la base rendre service au dernier moment et qu’on te sabote gratuitement les 4 minutes de découverte d’un titre d’un de tes groupes fétiches, ça provoque même une certaine empathie. Réaction presque compréhensible pour ma part, chaque offrande d’un de mes tops groupes relève d’un moment solennel, sûrement moins qu’avant mais même à 28 ans j’en suis à pouvoir résumer mon denier mois de mai à :
    -M’en fous de ta journée chérie, faut juste que tu dises rien pendant une heure et demi j’ai reçu le DVD live de Strung Out que j’attends depuis que je suis né.
    -Tu risques bien de ne pas m’entendre pendant bien plus longtemps que ça…
    -Ça tombe bien y’a aussi les trois premiers albums remastérisés dans la BOXSET ça va me prendre au moins la semaine
    -Connard

    Ici tu es finalement l’unique source du problème en mettant beaucoup de zèle dans l’accueil fait à des gens venus travailler là juste parce qu’on leur a demandé. A noter que dans ce papier, la notion de « travailler » est plutôt à limiter à «se déplacer sur un lieu qui n’est pas chez soi ».
    Ton personnage m’apparaît pour la première fois seulement branleur sans le côté « qui a quand même raison dans le fond». Le côté justicier (ou plutôt anti-injustice) revient naturellement sur la seconde partie mais le climat délétère initial est quand même instauré par ton « allez vous faire foutre, je suis le chef » sans vraiment de légitimité professionnelle ou un minimum de déontologie.
    On peut dire que beaucoup d’histoires de PGC ont pour cœur dégénérant un moment ou tu mets l’humilité de côté avant qu’elle ne revienne très souvent te rattraper et pondérer tout ça à un autre moment de l’histoire. Une des rares dois où je n’adhère pas en partie à la démarche du personnage (toujours ce doute sur la part de fictif ) mais ça ne rend pas du tout la lecture désagréable pour autant.

    Mais pour résumer :
    Live Shit : dans le top 5 des meilleurs lives de tous les temps
    Duvel : dans le top 5 des bières belges courantes
    Zelda A Link To The Past : dans le top 5 des meilleurs jeux de tous les temps
    La CGT : dans le top 5 des pires maladies de tous les temps
    Michel : dans le top 5 des personnages les plus imbuvables (c’est le cas de le dire) de PGC

    • Canard
      02.10.2015

      Le jour où je me décide à chroniquer « An American Paradox », je te dédicacerais mon blabla ;)
      Sinon que dire… Bah merci pour ce nouveau super commentaire.
      Au moment des faits, disons que c’était pas une « bonne » période pour moi. Et ça m’intéressait dans PGC de « montrer » un peu ça aussi, parfois on est juste con et sans excuse. On déteste d’emblée des personnes qui vous ont rien fait à cause de simples détails etc. Même si « Canard » morfle parfois, inconsciemment peut être, il y a toujours quelque chose « derrière » de mélioratif qui justifie ou rend mon « personnage » attachant. Dans « Ma Nuit », on ne retrouve pas cette pondération, cette atténuation. Je fais chier le monde, ça se retourne contre moi et c’est bien fait pour ma gueule.
      Allez, maintenant, hop, mise à jour sur WordPress en vue. Papier suivant !

      • pere_fougasse
        02.10.2015

        Si j’avais fait les choses dans l’ordre j’aurais lu l’édito qui allait avec la deuxième partie avant de valider mon commentaire et j’y aurais trouvé la part d’humilité dont je notais l’absence dans la première partie ! Du coup j’ai finalement regroupé les « repères habituels » et cette narration dénote un peu moins que je ne le pensais initialement puisque l’effet est voulu.
        C’est par contre la première fois que tu exposes si précisément cette « sale période ». Je ne sais pas si les autres lecteurs avaient le même ressenti que moi jusqu’alors mais je restais sur le Canard jusqu’au-boutiste mais à l’arrivée toujours un peu au dessus de ses problèmes par leur analyse (forcement à la lecture on a à la fois le Canard acteur et le Canard du futur narrateur avec le recul manquant aux protagonistes).
        Le Canard de 2015 pourrait-il déclencher des bagarres à l’auditorium à cause des porcs qui reniflent toutes les 12 secondes ? en voilà des nez qui méritent de pisser le sang, ça changerait du tien.

        Et merde fallait pas me lancer sur American Paradox, je vais jamais pouvoir résister à t’alpaguer sur The Element Of Sonic Defiance ou le riff de Angel Of Death dans le In Harm’s Way du live in a dive !!!
        Oups j’ai glissé

        • Canard
          02.11.2015

          Le Canard de 2015 écouterait sans doute le Live Shit dans son coin et n’obligerait pas le premier venu à subir sa musique. Live and Let Live, quoi.
          Il y a longtemps j’aimais l’idée que ma musique agresse mon prochain, le dérange. Puis je suis passé à l’étape suivante : expliquer à ce même prochain en quoi ma musique était géniale pour mieux lui pisser depuis ma rive. Actuellement, je me fous de ce que pense mon prochain. Et j’écoute Slayer, Nofx ou Malher si je veux.
          Puis je vais aller me mettre un petit STRUNG OUT en ton honneur, tiens.

  8. Scratch
    02.10.2015

    Salut Canard!
    Lecteur assidu depuis, justement, Here Comes The Pain (sûrement un de mes papiers préférés du site), je prends enfin mon clavier en main pour te temoigner mon admiration! Et aussi pour te poser une question qui pourrait être intéressante:
    Tu décris cette période comme un moment sombre de ta vie. Est ce que la musique y tenait une place ou un rôle important (qu’il soit positif, négatif, ou n’importe quelle nuance des deux)? Par exemple, j’ai souffert pendant un temps d’une certaine addiction (que je tairais par pudeur), et le métal m’aidait à remonter à la surface une fois le « péché » accomplit, me permettait d’oublier un temps l’objet de l’addiction pour ne pas y replonger tout de suite… Est-ce que le metal a eu un rôle dans ce genre pour toi (et pour les lecteurs de PGC, toute annecdote est bienvenue)?

    En tout cas merci pour tes papiers que j’attends toujours avec impatience, ce rituel de début de semaine va me manquer une fois la saison 4 terminée!

    • Canard
      02.10.2015

      Welcome et merci pour ce premier commentaire !

      Le Metal a fait partie avec la littérature des choses les plus importantes de ma vie, mes deux bouées de sauvetage pour ainsi dire.
      Quand le Metal a cessé d’être AUSSI important pour moi, j’ai justement entrepris PGC. Comme une façon de « clore un chapitre ».
      Ma période « sombre » n’est – je pense – pas comparable avec la tienne. Tu évoques une addiction, moi c’était plutôt une forme de dépression, de perte de repères, de crise existentielle. La philo m’a été d’un grand secours à ce moment là. Et le Metal aussi, mais pas dans le même « sens ». Mes groupes m’ont soutenu au quotidien, j’avais besoin d’eux comme d’un compagnon d’infortune, comme un de mes derniers repères. Et ils étaient là et en cela c’était déjà énorme ;) Accessoirement, cette musique m’a donné de l’énergie, m’a permis de rester « en colère » de ne pas sombrer quelque part. Rien que pour cela, je pense que j’écouterais du Metal plus ou moins toute ma vie. Par reconnaissance et nostalgie, mais plus avec la même intensité.

  9. Tonton RG (Beurk Rogers Bla bla bla...)
    02.17.2015

    Michel s’est fait serré?

    • Canard
      02.17.2015

      Bien sûr que non. Michel et moi, c’est une très loooongue histoire. Des histoires de couverture mutuelle, de témoignages, de rattrapages de situations invraisemblables ;)


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